Rêverie au jardin

Je n’ai pas envie de savoir ce qui se passe dans votre bureau…

À chaque visite, je sens que je déborde sur le programme universitaire d’un autre pays. J’ai envie d’un week-end à Bordeaux, on me parle d’une année à Grenoble entre étudiants. Est-ce que seulement cela m’intéresse ? À entendre, je dis que non. En ayant vu le remake d’un film italien des années soixante, je suis le corps à l’envers et la tête à l’endroit en train d’en apprendre sur le meilleur moyen de sortir de son imagination : écrire le programme d’une vie parfaite. J’ai démarré hier en m’instruisant sur la meilleure compagnie de route avec qui traverser cette longue nationale devenant départementale. Le chien ou la chienne. L’âge de l’homme est à enterrer comme un point de départ : il est né en 1978. Il aurait 39 ans ou bien aurait eu ses 40 ans. En-dehors de cet entre-deux rives, je n’ai rien à prendre au sérieux. Elle, médecin, fuit un lieu : la maison familiale. Elle cherche à larguer les amarres pendant que lui obéit à la voix de son père : la maison de leur amour. On ne sait dire en une phrase. Il y a un roman et du mot à mot dit à deux voix faisant celle du narrateur. Les aides sont précieuses et quelques personnages naissent sans rien connaître de leur auteur. Je les aime déjà. L’amie de mon compagnon fait la mignonne et montre les cadeaux et bijoux comme une assurance pour la vie. L’ami qui veut mon bien, cherche à enfoncer son poing dans le sol en béton. Il cache une richesse, il sait que je trouve cela vulgaire. Il fait l’effort de garder le costume et de voir dans ma chute une envie de refaire sa vie. Il met beaucoup de lui en ne parlant plus d’appartement de luxe. Il met de la fantaisie, comme un gâteau un jour de ciel gris apporté au travail. C’est un peu de tristesse qui habite notre visage.

J’aimerai ne plus être à deviner une présence qui ne viendra peut-être pas. On voudrait étaler la transformation, qu’elle soit immortalisée et en-dessous nous pourrons être à nouveau simples amis avec l’amie et l’ami. Qu’il arrête de construire notre maison. Le Franck Lloyd Wright au niveau du Corbusier délivre un texte d’architecte rendant malade son lecteur. Il faut changer de matériau… il faut changer de corps… il faut être plus léger… plus aérien… la terre est invivable.

Sur le lac, on voit un plan retraduit du béton et du bois en zinc et différents métaux. La maison est une cage aux oiseaux sur pilotis. J’aime bien Eiffel Gustave, j’ignore ce qu’en demande l’américain moyen. J’ai envie de revoir la statue de la Liberté. Dans ses jupes, l’intérieur de sa tête, je vois voyager des millénaires (les sept merveilles du monde, le colosse de Rhodes). La muse, le mannequin, les archétypes divins du féminin, le nouveau monde… une flamme voyage léger et transporte avec elle la colère de Zeus pendant que, sous ses pas, celle de Neptune fait monter le niveau de l’eau. L’accouchement est en cours. Nous nous rapprochons du jour immobile.

Jusqu’à notre dernier souffle, notre sol est en-haut.

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