Catégorie : Sorties

Une jeune fille à vélo

En bicyclette au Vésinet, de Léon-François Comerre, 1903, huile sur toile, 199 x 115 cm

Journée mondiale du vélo, aujourd’hui, jeudi 3 juin 2021. J’ai vu ce tableau au Petit Palais à Paris. C’était pour une séance de dessin avec un petit groupe de fans. Nous cherchions les correspondances avec nos vies et avions fait notre trou devant ce qui nous y faisait penser. L’organisatrice voulait m’imposer un autre tableau avec une femme plus agée allongée dans des vêtements du soir. Cela m’a perturbée et je n’ai pas pu dessiner la jeune fille et son vélo. J’ai fait le portrait d’une poétesse me sentant obligée de tracer des lignes en souterrain. En remontant à la surface, que vois-je ce matin sur mon ordinateur ? En bicyclette au Vésinet. Quel hasard. J’espère que c’est une bonne journée pour vous comme pour moi.

Arts au jardin 2021

Affiche de l’événement

Arts au jardin dans la ville du Vésinet ce week-end samedi 29 et dimanche 30 septembre de 11h à 19h. Une petite expo au Wood Cottage. Je ne serais pas représentée mais bien là physiquement. J’espère que mon univers respecte cet endroit dit très romantique. Normalement oui. Des mesures sanitaires ont été mises en place et comme vous êtes bien élevés tout devrait bien se passer.

Bon week-end.

Portrait de femme

Sabine | huile sur toile | 40 x 30 cm | 2018

Copie de la statue en marbre Sabine au Musée du Louvre.


Observation

Enlever l’air /chasser l’espace en peignant est une façon d’anéantir le vide qui nous envahit / qui entoure le monde actuel.

Un dimanche en EHPAD

tombola des enfants à l’EHPAD

La présidente de l’association pour laquelle j’avais accepté d’exposer à Sartrouville en 2018 a communiqué sur son site cette photo. Un immense merci à Elizabeth ! J’aime énormément ce moment où un enfant ne sait pas ce qu’il représente pour les personnes autour de lui.

La photo est amusante car la petite fille ne sait pas que derrière elle se trouve mes escargots. Elle est totalement à sa place. Quand nous étions petits, mon frère et moi allions voir la tante de notre “grand-mère“ en maison de retraite. Elle s’appelait Judith, adorait les enfants et embrassait nos joues très fort. J’ai mal au ventre quand je pense à elle. Mon frère et moi doutions qu’elle soit bien traitée. On se demande souvent combien de temps doit durer une visite pour que le personnel arrive à considérer la personne. Le lien se perpétue, c’est bien. On cache la mort ou la montrons de manière grossière. Quand un enfant vient, la scène qui se joue sous nos yeux part. Il faut maintenir ce lien car un souvenir trahi détruit des personnes qui forment une chaîne. Le lien n’est pas fort, le souvenir si.

Sur le moment on s’ennuie mais tant mieux, l’ennui construit en silence un adulte. 🤫🐌🌸

Butô

Le butô est appelé « danse des ténèbres », littéralement « mouvements compulsifs dans l’obscurité », il est né en 1959 au Japon et prend sa source aux heures les plus noires d’Hiroshima et de Nagasaki. Les cendres et les morts venus de la bombe H ont laissé le pays dans le noir de nombreuses années. Avancer et mémoriser devient un enjeu essentiel pour le pays qui entre en résistance. Il sera au début mal accueilli par son pays d’origine et fera découvrir aux occidentaux déjà habitués à cette danse, soeur de chorégraphies nées pendant et après la seconde guerre mondiale (la mort, la sorcière, de Vakeska Gert pour n’en citer qu’une). Viendront en France des artistes comme Kazuo Ohno, Carlotta Ikeda, Ushio Amagatsu, très désireux de faire connaître ce courant. Avec les générations suivantes, le Butô étend son répertoire à la fois classique et contemporain. Il invite les danseurs amateurs et professionnels à passer la porte d’un studio de danse et essayer.

texte de Pascal Quignard, chorégraphie et danse de Carlotta Ikeda, Medea
Medea

Ushio Amagatsu 2013

« … , mais le fait de « penser » avec sa tête entrave les mouvements du corps et leur fait perdre ce qu’ils ont de naturel. C’est pourquoi il faut faire en sorte de rester le plus inconscient possible sur scène.»
chorégraphe Ushio Amagatsu de la compagnie Sankai Juku
https://www.bing.com/videos/search?view=detail&mid=554BB95BBDD1B2D66D8F554BB95BBDD1B2D66D8F&q=ushio+amagatsu&shtp=Facebook&shid=1e2f17af-a568-47b7-949e-2e4dda71f48b&shtk=U2Fua2FpIEp1a3UgLSBVdHN1c2hpIGNvcmVvICYgaWRlYSBVc2hpbyBBbWFnYXRzdSBtdXNpYyBZYXMtS2F6ICYgWW9zaGlrYXdhIDIyNTM0MA%3D%3D&shdk=U2Fua2FpIEp1a3UgLSBVdHN1c2hpIGNvcmVvICYgaWRlYSBVc2hpbyBBbWFnYXRzdSBtdXNpYyBZYXMtS2F6ICYgWW9zaGlrYXdhIDIyNTM0MA%3D%3D&shhk=QofFsNzIqG3RuV8NWc190TVYkVYrMBaO4QhVyMneKIA%3D&form=VDSHFB&shth=OSH.3RSVCqxghZwxSaCewfhehQ&fbclid=IwAR1bzvRZXaZImvYrQSw8TGUP7smylFFLGa7kH6mglBfzegjQFP5BxdnsL2c

« Sur ces montagnes où ne pousse aucune herbe, cherchant mes pensées au milieu des souffrances, je me prends à devenir un fantôme. » Kazuo Ohno, notes manuscrites de La Mer Morte / The Dead Sea

Kazuo Ohno et son fils – La Mer Morte / The Dead Sea

Description de la butô-thérapie.

Libérer ses démons. « … concerne l’accompagnement de personnes touchées par des douleurs physiques chroniques, par des douleurs émotionnelles, la fibromyalgie, l’anorexie, et tant d’autres pathologies. »
La « Butô-thérapie »

La robe de mariée

La robe de mariée d’Alexis Mabille en vitrine dans la galerie Vivienne à Paris

⭐ J’aime les vitrines. À l’approche de Noël, elles sont des prouesses d’imagination. L’intérieur des magasins et leur scénographie me fascine depuis un tour à Lille dans la boutique NafNaf. Cosy et girly avec des chaises suspendues comme une salle de classe se transformant le soir en salle de bal. Je reste souvent à regarder pour n’acheter au final qu’un pull ou une jupe, rarement l’ensemble. Ce qui me fait revenir souvent et me fait acheter des accessoires inutiles juste pour justifier ma présence. C’est bête hein les filles ? En dehors des lumières et des podiums qui font notre goût saisonnier à celui d’une étalagiste, je regarde les mannequins. Mon père en a pleins qui lui servent de porte manteau. Il a fait semblant de m’en acheter un et se l’est gardé. Salop. J’en veux un noir comme pour accrocher les bijoux. D’ailleurs, je rêve depuis longtemps d’accrocher des bijoux sur le mur comme des paillettes. Les hommes trouvent bien un moyen d’accrocher leurs cravates et d’exposer leurs baskets, pourquoi pas moi. 🌸
La robe et la parure, la vendeuse, dans un passage parisien, était très fière que je la prenne en photo.

Théâtre du Châtelet

Un de mes premiers théâtres. J’y allais jeune femme pour la leçon du dimanche matin où j’ai découvert la plupart des artistes qui font la scène musicale classique et jazz. Paraît-il que mon arrière-grand-mère y emmenait mon père voir des opérettes. J’y ai vu Alexandre Tharaud, Quartet ébène, Anne Gastinel, Jean-Guihen Queyras, Dominique A, et quelques autres. En échangeant avec un monsieur au Théâtre de l’Odéon, j’ai eu très envie de retourner sur mes pas direction place du Châtelet. C’est mon quartier. De dix-huit à vingt-trois ans j’étais presque tous les jours à la BPI, je n’achetais que des livres et déjeunais d’une demi baguette viennoise et d’une banane. Certains jours, ma mère m’achetait des salades catalanes en boîte que depuis je déteste et j’utilisais l’argent du transport pour les revues, l’encre et le papier. Je n’avais pas d’ordinateur et les postes d’autoformation de la BPI m’étaient géniaux. Je voulais apprendre le russe et le japonais et feuilletais toutes les références de mes auteurs de chevet. C’est en écoutant la chanteuse RoBERT que j’ai commencé à sortir de ma coquille. Avec, ou pour elle, je suis allée dans pleins de petites salles parisiennes. Comme ça ne me suffisait pas et que la scène française était en pleine explosion j’ai continué à suivre le flux et me laisser porter vers d’autres lieux. Je rêve depuis des années de la salle Gaveau, du théâtre des Champs-Élysées et de l’Odéon. J’aime Pleyel, la Philharmonie, Chaillot, le Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet. Je suis venue en fin de matinée, le ciel bleu clair créait un sentiment de sécurité immense. Quelque chose de l’invisible en se densifiant nous sortait de l’ignorance. Les portes sont fermées pourtant il y a de la vie derrière. Tout brille. Tout est chauffé. Le lieu n’est pas abandonné. À tout moment les portes peuvent se rouvrir.

Alcôve noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment,
– Et des platanes d’or le long gémissement,
– Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu,
S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre,
Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d’amour si triste et si folâtre ;
– Et cet abyme où l’on tombait : t’en souviens-tu ?

Alcôve noire, de Paul-Jean Toulet, extrait de Chansons.

Les bouquinistes

Quelques livres sur les étals de Paris

 Retrouver des amis de papiers, des amis amis des papiers également, ça tombe sous le sens. Prendre un café au bord de la Seine et suivre le sens de la marche pour s’amuser à trouver près de nous ce qu’on a lu dans un livre.

Les affiches et illustrés
Des poches aux livres d’arts

Sketch d’une bibliothèque

Suggestion d’un passant lors d’un voyage au Havre. Visiter depuis une abbaye – ou une cathédrale – tout autre monument auquel elle fait penser, enlevée de sa charge religieuse. 😊

À Harfleur, ville connue pour ses maisons au bord de l’eau, c’est la bibliothèque de quartier Elsa Triolet qui s’imposa. Le musée du Prieuré a été visité ainsi que le centre culturel La Forge bien sûr mais, c’est la lumière sur ce bâtiment qui ramène à la chaux, aux malheurs de Sophie et autres contes tournant toujours autour de la maison qui se révéla comme sujet d’études excellent.

Depuis un carnet – à ses couleurs vert et blanc – j’ai rêvé de lui associer des notes d’été. 🏡🌴

Pleine saison

Une des conséquences venant du coronavirus est que la vue du paysage et de la foule dans la rue rendent tristes. J’ai rouvert un livre de photos et suis tombée sur une journée quelque part dans le temps à Pantin. La ville est au nord de Paris, juste à côté de la Géode et de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Si les centres culturels ne sont pas tous ouverts, ce n’est pas plus mal. On peut visiter ses villes autrement. À Pantin, au bord de l’Ourcq, je vais habituellement au CND. Le bâtiment est superbe et retire toute distraction inutile en phase créative. Je ne sais pas de qui sont ses yeux ni même s’ils seront là pour la vie. Ils sont nombreux et leurs variations en font des notes de musique choc! Est-ce que vous les entendez ? Je suis sûre que oui! Ils veulent continuer d’éclairer le monde, de sonner le rappel en musique, en peinture, en danse. La littérature est là en arrière pour les rattraper car ils volent dans tous les sens et se perdent dans leur art. 💚💕

Yeux roses, violet, … au bord du canal de l’Ourcq à Pantin

sculpture replicant à Pantin

L’appétit vient en mangeant

Jumièges organise épisodiquement une manifestation culturelle dans son abbaye. L’art contemporain environnemental réuni des plasticiens, des sculpteurs, des paysagistes, des photographes en lien avec le Land Art. J’ai eu la chance d’en voir deux à ce jour et de connaître l’abbaye qui date du IXe siècle, l’une des mieux préservée en Normandie. La cuisine d’une auberge m’a fait dessiner sur place. Une escapade le temps d’un week-end à Rouen. Fin 2016.

produits de la mer depuis la Normandievin, lotte et crevette rose au cerfeuilà l'auberge des ruines en NormandieJumièges à Ciel Ouvert

Scène d’intérieur

crayon de fusain sur papier étude o
crayon de fusain sur papier étude A5

Fait au musée des Beaux-Arts de Rouen fin 2016.

Je n’ai pas noté le nom du tableau sur le moment. D’ici quelques jours, je devrais le retrouver par la magie des réseaux. Mais il a quelque chose de spécial. Le dos et le visage font très Ingres.

L’art pour inspiration

portrait au graphite de André A5 plus rehaut au feutre
portrait de André au graphite A5 plus rehaut au feutre

Les peintres font parler les écrivains. J’aime bien cet angle pour apprendre à nous connaître. Ce n’est pas une biographie mais une source d’inspiration. C’est enrichissant intellectuellement. Stimulant aussi. Les peintres font aussi dessiner les écrivains. Mais où allons-nous ?

merci André, Kelsey et les autres …

Son et silence

cimetière de Sète
mouettes silencieuses au cimetière des marins

Depuis 2015, je n’ai pas pu retourner à Sète, ville qui a enterrée Georges Brassens, pays de la joute givordine et vue admirable au port d’une mer calme et bleue. J’aime cette ville depuis un premier voyage enfant. Y revenir à l’âge adulte m’a mené à quelques mètres des mêmes rues. Avec deux amis qui me logeaient, nous sommes partis en excursion. Nous avons visité le musée de la marine, évité Paul Valéry, bavardé chacun de son côté devant les œuvres exposées au MIAM (Musée International des Arts Modestes), mangé au port du loup de mer, laissé le moelleux au chocolat aux abeilles et fini notre périple au cimetière des marins. On s’est mis en tête de rester ensemble avant de remarquer que nous avions un souvenir à protéger. J’ai grimpé en haut en prenant plusieurs escaliers et passages entre les tombes. Les mouettes en cette fin d’après midi se posaient au sommet des chapelles et caveaux familiaux. Elles laissaient le vent les laver sans se laisser distraire. Les ruines, la roche et les tombes, ne parlaient pas. L’histoire a commencé en regardant les gestes laissés des visiteurs. Le rangement des arrosoirs, le placement des briques autour du robinet, la peinture sur les seaux, le nombre pair pour chaque objet suggérant mille choses. Nous sommes repartis à la nuit tombée pour Palavas les flots et avons fait silence. On a aussi évité le karaoké et le casino. L’honneur était sauf. Nous avons surtout aimé le son qui arrive après, la brise emprisonnée dans l’oreille interne.

rampe d'escalier au cimetière de Sètearrosoir du cimetière de Sèterouille et peinture au cimetière de Sèteroses anciennes au cimetière de Sète