Étiquette : arbre

Magnolia for ever

Lorsque je vais à la piscine, sur le chemin, je croise un magnolia. D’année en année, je fais de plus en plus attention à ce qui pousse et fleuri dans la région. On a la chance dans les Yvelines d’avoir une terre verte. Longtemps les quelques champs du département ont nourrit les gens des environs. Nous avons pour une grande part des quetsches, des noix, des pommes et des figues. On dit la terre calcaire et cela peut se vérifier aux gisements que l’on aperçoit sur la route. Avant, le raisin et les fraises des bois parait-il étaient très présents. Ils se sont raréfiés ; les mauvaises herbes les ont remplacés. Le Vexin compte quelques fermes et une grande variété de produits céréaliers. Les brasseurs depuis quelques années se sont réimplantés tout comme les apiculteurs. La chose étant ce qui est, nourricier ne veut pas dire laid. Dans les parcs, le magnolia tient une place à part. Il s’est répandu dans beaucoup d’entre eux à la vitesse grand V. Pourquoi ce choix, je ne saurais dire. Un verger sans arbre décoratif manquerait d’équilibre, il serait lourd avec des arbres au port bas : un charme rétro flattant le jardin à l’ancienne. Le magnolia est présent dans le catalogue français en différentes variétés. J’ai une affection pour le Stellata dont les fleurs sont comme le dit son nom latin en forme d’étoiles. En se promenant, nous avons le Soulangiana et le Grandiflora à la floraison plus tardive. Il m’arrive de cueillir des pétales et d’en mettre dans un bol plein d’eau. De même avec des jacinthes ou des roses. Le magnolia est un cas particulier. Son dessin est très agréable. Son pétale me fait tracer des yeux ses contours. La ligne se trouvant à la base du pétale et se rependant avant de disparaître sur sa longueur m’en apprend un peu sur sa vie. Ce que la fleur aime et supporte, je peux le savoir. Cette année, elles sont très blanches. Elles manquent de lumière et de potassium. On les a planté sans savoir si la terre était faite pour cet arbre. C’est un drame quand on y pense. Dans certains jardins, il serait mieux en pot. Le mien est un invité surprise. Quand j’ai nagé, mes poumons s’ouvrent, je respire mieux et mes yeux épousent la forme de ces fleurs comme un bonheur simple à détacher de sa gangue.

Magnolia for ever

Publicité

Au bois dormant

Se perdre dans l’espace, telle était la phrase que j’ai pu entendre cette semaine. Arrivée à dimanche avec une semaine chargée entre Paris et Versailles, je suis trop heureuse de faire quelques pas en forêt. Il n’est pas neuf heures, ce qui m’arrange. Le « bonjour » après dix heures m’énerve. Deux cyclistes tentent une côte en faisant le brief des incivilités au volant. Quelques dames promènent un chien. Je suis occupée à chercher des primevères. Je suis déçue car les feuilles sont à peine sorties. Je m’en remets aux arbres et regarde ceux qui se sont réveillés. Le bouleau que je croise à de multiples reprises se porte très bien. Il en est un qui me fait revenir en arrière. Je sais avoir manqué quelque chose mais n’arrive pas à savoir quoi. L’arbre est rempli de branches mortes. La lumière du soleil se reflète sur son bois. Je touche son tronc pour savoir comment il va. Tout à l’air d’aller mais quelque chose ne va pas. Je commence à retirer une branche morte. Puis une deuxième. Elles sont petites pourtant elles semblent une gêne en moins sur lui. J’en enlève de plus grandes avant de reculer et de constater ce qui arrive. L’arbre n’a rien de sauvage. Il a tout d’un arbre civilisé. Ses différents troncs qui partent sans doute de rejets s’enlacent. J’en vois deux sur ma gauche et deux autres devant allant sur la droite. Ils le font si haut que mon coeur se lève. C’est du Camille Corot. Cela me met en transe. Il y a une assurance et une légèreté qui m’empêche de partir comme si rien ne s’était passé. En m’en allant, je croise à nouveau les dames qui m’ont vues. Elles me disent que plus bas il y a de toutes petites fleurs sur un noisetier si je veux continuer à étudier les arbres. Un noisetier a des chatons mais je veux bien voir. En voyant de quoi elles me parlent je me rends compte qu’il s’agit d’un chèvrefeuille déjà démarré. C’est amusant ce je sais et je ne sais pas en même temps. Je rentre avec un morceau de l’écorce du bouleau et achète des noisettes pour l’apéro. On va encore dire que je perds mon temps mais je n’en crois rien.