Étiquette : désir

Alcôve noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment,
– Et des platanes d’or le long gémissement,
– Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu,
S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre,
Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d’amour si triste et si folâtre ;
– Et cet abyme où l’on tombait : t’en souviens-tu ?

Alcôve noire, de Paul-Jean Toulet, extrait de Chansons.

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La tulipe blanche

Un collage sur le coronavirus. J’exorcise le démon.

• Un quotidien et deux hebdomadaires sur le sujet achetés pendant le confinement et une feuille assez épaisse au format A3

• Des ciseaux

• De la colle

• Plusieurs jours entre le découpage et le collage pour enlever les idées parasites.

J’ai laissé beaucoup de texte apparent, c’était très important pour moi je le précise, il évoquait tous les interdits que l’on a coutume de voir près d’une centrale nucléaire, d’une frontière entre deux guerres, de panneaux qui dissuadent immédiatement sans discussion.

Je nous trouve dans toute cette histoire beaux et intelligents. Je ne sais pas si le pire est derrière nous. Le fléau qui s’est répandu ne vient pas du néant. Ne serait-ce que par les malades qui en ont réchappés. On ne nous parle plus du virus en éternelle mutation. Il semble que le discerner des autres aide la recherche sur d’autres virus et d’autres traitements. Un monde où nous ne serons plus des cobayes est impossible. Nous allons continuer d’être testés. Comment réagissons-nous face à cela ? Le mental a son rythme de récupération et le corps en a un autre. Ils sont rarement à l’heure. Manger des oeufs et des pommes m’ont fait maigrir. Je n’avais besoin de rien. Lire, marcher, tout ranger et organiser avant la mort peut-être très proche. Qui peut savoir. La pensée collective a joué au papa gâteau qui a prévu les crayons de couleurs et les jeux dans le jardin pour éduquer ses enfants en collant à la réalité. On avait oublié Rabelais et son Gargantua. Juste humains, c’est possible ?

La tulipe blanche – collage sur le thème du coronavirus

Mâtines

« L’adversité est pour moi ce qu’était la terre pour Antée ; je reprends des forces dans le sein de ma mère. »

Peinture de Francine Van Hove 🎨

Peinture de Francine Van Hove.

J’étais intriguée adolescente par un calendrier qui resta longtemps dans ma chambre. Je finis par découper les images pour en faire la collection. Naturaliste, il existe dans cette peinture quelque chose de Balthus. Ce qui est intéressant c’est que cela n’abîme pas l’idée que l’on se fait de la femme, du corps et de la beauté. C’est très fantasmé et l’évolution des périodes ont invité des visages nouveaux. Heureusement moins félins (beurk), des joues pleines, des sourcils pas toujours épilés, de la transpiration et peu de maquillage. Désir désir.