Étiquette : écriture

Philo féministe

Simone de Beauvoir

Exister c’est oser se jeter dans le monde.

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Ateliers en exil

 🍁 Hiver 2013 : fruit d’un partenariat entre la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines et la ville de Poissy, quatre ateliers d’écriture poétique se déroulent à la Médiathèque Christine-de-Pizan, sous la houlette du poète Bernard Moreau, invité en octobre pour une rencontre autour de son oeuvre poétique.
Imposée par les bibliothèques : la thématique de l’exil, sur laquelle se décline toutes les manifestations de l’année.

recueil de poésie édité en 2013 aux Éditions Mazette avec la contribution de la Maison de la Poésie des Yvelines et le Conseil général

Ouverture au culot

Suppose que je disparaisse en mer

Que séance tenante le désert me perde

Que j’en sois heureuse

Et que je gagne l’horizon

Quand par derrière mon sourire revient

Sans toi pour le voir

Outremer

Yeux clos, tu me vois enfin.

L’ombre des débuts

L’ombre des débuts, retrouvé sur un carnet de pastel commencé en 2016. Il s’est laissé oublier puis est revenu. Le confinement que nous vivons n’est pas sans présences.

pastel 2016

Buddha est partout. Il était en petit chez moi par terre. Comme un guide à mes pieds, il me faisait incliner la tête pour mieux regarder ce qui se passe en bas. Je l’ai cassé un jour de colère. À cet endroit, il n’y avait plus rien. Les somnambules que nous sommes ont des rêves venant d’autres têtes. On se laisse guider puis piéger. On pourrait dire que reconquérir son identité et retrouver les âges de la vie ne se demande pas. Toute réussite est imposée même si elle surprend. Buddha existe au-delà de toute perception c’est pourquoi sa présence fait du bien. Parler à des fantômes non. Depuis la terre, nous n’avons pas le droit d’être des âmes errantes. 🌾

Pastel sec | 16 x 25 cm sur papier Sennelier | 2016

Le pastel n’est pas dans mes habitudes. De lui sort de l’improbable. Des croisements sur des sujets occupent mon esprit et vont dans la même case.

In Real Life

Nymphe - gouache

Nymphe – illustration peinte à la gouache en ce moment.

Nymphe - gouache

À l’atelier, quelque chose du monde virtuel remonte à la surface. Le dessin laisse apparaître une lettre, quelque fois deux ou trois. On dirait des empreintes venues d’un autre monde.

Je peux m’estimer chanceuse de pouvoir continuer à transporter ce que j’utilise. Les mots. La lettre e que l’on peut voir dans l’oeil de Nymphe est une vision ancienne que j’ai eu à force d’écrire.

Des lettres naissaient à chacun de mes doigts et je tapais avec comme des caractères d’imprimerie sur la machine à écrire. Le festin nu de Cronenberg au terme de cette mue y ressemblait fidèlement.

On peut parier que dans l’écriture, des images finiront par céder de la place dans la mise en relation avec le spectateur. Le lecteur.

Nymphe - gouache

Jamais ne dire…

J’ai retrouvé dans mes affaires ces textes. Je ne me souvenais pu avoir participé au Prix de Poésie Simone Landry en 2016. Je ne sais plus le nom de la gagnante mais cela ne devrait pas être difficile de retrouver. La soirée s’est passée dans un atelier de peintres à Paris avec en invitée Noëlle Châtelet.
Le serpent

Tu as le serpent,

Dans l’œil, il danse,

Se frotte contre l’iris.

L’écaille sur la langue

Pointe le démon.

Il cherche son nid en toi

Par ton œil, contemple

Ton corps au repos.

Entre les jambes,

À ta mort il en veut.

Il mord puis monte,

Sort, entre,

Poser son venin.

 

L’aurore
Dès l’aurore, le monde s’effondre.
On te dit : continue de chanter.

Autour, va le monde en noir et blanc.

Là-haut te dicte : continue de chanter.

Une entaille au cœur grandie.

Et à l’intérieur, la voix chante.

S’écartent les crânes, les sans ombres,

Partent les masques, les trous, les racines,

Foncent dans le ventre saisir,

Cheveux d’or et d’argent,

D’ores et déjà dehors.

 

Dear diary

Dear diary, je suis nue dans un lit qui n’est pas le mien. Dans ma tête c’est la course, j’ai le cœur qui bat au tempes. Dans la salle de bain, le lavabo est occupé par l’homme. Je tape dans l’oreiller. J’ai chaud, j’ai froid, j’arrache le drap humide et m’enroule dans un gros pull qui sent le sel de mer. Je mets un nom aux odeurs abandonnées. Je ferme les yeux, m’étire, soupire, gratte le papier peint du mur. J‘ouvre mon regard noir, c’est l’heure de rendre la chambre. Anaïs N.

Chez les heureux du monde

Edith Wharton écrivait dans Chez les heureux du monde (The House of Mirth – 1905) :

– Mon idée du succès, dit-il, c’est la liberté personnelle.

– La liberté ?… être libre de soucis ?

– Libre de tout … de l’argent et de pauvreté, de l’aisance et de l’inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l’esprit, voilà ce que j’entends par le succès.

J’ai toujours préféré Edith Wharton à Virginia Woolf. La femme à la voiture c’est tout un symbole. La journée de la femme en Angleterre datant de 1912 et dont elle eu une part prenante à son existence aussi. Le lien d’amitié avec Charlotte Perkins Gilman, auteure de La séquestrée, un des premiers textes sur la dépression post-partum. Ses livres bien sûr, son écriture subtile alliant liberté et intelligence. Sa vision de la haute société américaine et son admiration pour les auteurs anglais tel Henry James, sans départir en talent et originalité.

La part inconnue

Jeudi 11 Avril 2019 – L’après – midi

Amandier sous la chaleur 🎨🎨🎨

Je suis dans le bus direction Versailles. Le cours commence dans moins d’une heure après deux semaines d’interruption. Notre professeur a dû être opéré. Nous n’avons reçu aucun message depuis. Je suis inquiète et refuse de parler à quiconque de cela. Je ne sais pas comment reprendre ce qui commençait à être enfin le fil qui rentre dans le chas de l’aiguille. Le conservatoire de Poissy m’avait aidé. Cette rupture avec les gens de la musique a donné un nouveau souffle par le dessin des bouteilles que j’avais prise en photo à Arles. Le dessin avançant étape par étape me laissait la voie pour une petite série sur les continents avec le visage de personnes que j’avais dessiné du temps des séances avec Kelsey. La deuxième en partie finie avec le visage du sinologue Antoine m’a fait réfléchir sur quel type de profil choisir. Est-ce qu’il fallait nécessairement qu’ils ressemblent au type du continent ? On peut aussi le voir comme une personne rêvant de conquête. Aujourd’hui, j’ai préparé une nouvelle toile pour le cours. La précédente n’a pas séduit. La dureté qui est passée sur la première s’est renforcée sur la deuxième faisant passer les couleurs pour le sens de la peinture. Cela m’a blessé. Je suis partie avec des mots chaleureux de notre professeur. Il n’avait pas l’air d’entendre la séparation entre ce que l’on voit et l’apparition. Je ne suis qu’élève mais c’est impossible pour moi. Je revenais des portes ouvertes de Penninghen dont je rêvais deux ans plus tôt et, ce qui a été un jour entre mes mains comme sujet d’étudiants et artistes en herbes s’est fait sentir. L’écriture sur le tableau n’avait pas de fond, je n’avais pas à cet instant écrit cette histoire pour me représenter qu’il devait exister une peinture. Cela était sans fondement. Je tentais de voir un geste amical pour m’aider à franchir le pas vers l’abstrait. Tout ce que je voulais ne pouvait venir de ce que j’avais écris avant. Le souvenir de l’homme qui avait organisé le stage sur la Shoah ne me plaisait pas à cet endroit, je le trouvais insultant. J’ai diminué ce que le cours n’apportait plus : la part de rêve. J’ai repensé à Myspace et mon nom en ligne Jane Doe et je réfléchissais en dessinant ma trousse de toilette. Trop long. J’ai badigeonné selon son conseil avec le gros splater, cela m’a rappelé Raoul Duffy sans savoir pourquoi. La perspective en cavalière cherchait à disparaître et cela m’énervait. Le sujet je l’avais en moi. L’identité perdue que j’ai eu après les pèlerinages et les changements de vie n’arrivaient plus à dire comme dans le poème quels sont les objets à emporter « au paradis », sur une « Île déserte ». Deux semaines après, je n’ai pas trouvé de réponses. Je l’ai recouverte de gesso, vois encore son dessin que je suis heureuse de ne pas avoir totalement effacé. Je veux en reprendre la composition. C’est une course que je ne retrouve pas. J’enchaîne une nouvelle toile, me dis que Pâques n’est pas assez partagée pour qu’encore une fois cela devienne une peinture. Alors l’arbre. L’amandier en fleurs me fait un sang au goût de vin. Ce n’est pas beau mais je sais comment le rendre beau. Ce qui me dérange c’est que ma perception n’est pas la même entre le professeur et moi l’élève. J’ai vu hier soir les tableaux de François Legrand. C’est curieux, on dit de la voix qu’elle ne change pas, surtout quand on l’entretient. On peut dire du regard la même chose. Le regard de ce peintre est mûr très jeune et a gardé de sa jeunesse beaucoup d’emportements qui ont fait avancer la forêt en nous.

Rétrospective de François Legrand au Loft Sévigné, avril 2019

La chute de l’empire roman

Le texte pourrait être affiché sur un mur. On ferait des sauts dans les creux pour arriver à tout déchiffrer. Il y aurait des briques enfoncées qui diraient la lettre manquante. Dans une craie la barre lance des morceaux de ce qui sort d’ailleurs. Alors part le calcaire et le blanc venu d’un sous sol. Il vient révéler la petite fente qui descend et descend dans les souterrains. Il y a des rivières et des crevasses qui vont si loin dans les profondeurs que nous n’en finissons plus de voir le calcaire passer du blanc au noir. Nous sommes sous une autre couche. Les strates d’un marbre sont ceux d’une ardoise en plus concassé. On met dans notre tête nos sacs et nos valises. Nous sommes partis pour un passage dans le côté de la terre allant vers le noir. Nous n’en finissons plus de descendre. Il y a quelque part un reflet montrant la fin. On se met à ralentir dans notre tête. La peur s’éteindra. Et la colère monte comme une barrière donner ses ordres. Alors il y a un chef. C’est une gargouille. Le passage de la Renaissance au Gothique fait partir trois pas en arrière. On continue ou on avance ? On recule. Il y a encore trop de personnes à laisser tomber. Il en faut plus qui iront se sacrifier en disant vive l’époque Romane.

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