Étiquette : fruits

Transposition

marron bleu orange vert

Je voyais un paysage avec ces couleurs.
Je me souvenais qu’il y avait des fruits dans la cuisine.
Ils étaient aux couleurs du paysage.

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Løv marmelade

Entre deux forces de la nature, les fruits et les visages que je cherche à acclimater me demandent un effort peu commun. Combiner les ruines aux animaux. Je le vois comme une suggestion bienvenue qu’il est temps d’approcher. Pourquoi l’homme continuerait avec sa couronne de fleurs de se croire supérieur sans preuves pour l’attester. Il y a des marqueurs de temps si présents dans l’atelier qu’ils doivent s’inscrire dans l’esprit du lieu. Ces outils s’insèrent avec contrôle et mesure. 🎨

L’atelier est sans dessus dessous mais je tiens bon. 

Le plan de travail et les couleurs choisies pour Les mirabelles
Les mirabelles sur le plan de travail
Les mirabelles sous la haute protection des Demoiselles d’Avignon

La lettre dorée

Mirabelles – aux crayons de couleurs

Sur le papier, l’ombre du vent rôde. La tempête Ciara emporte le bois mort qui n’est pas tombé de l’hiver. C’est presque un soulagement. On a eu peur que cela soit plus grave. La marche d’hier m’a montrée une nature plutôt réveillée et en bonne santé. J’espère que c’est pareil pour vous. Ce frisson s’est communiqué sur ma table de travail. J’ai continué de faire monter les couleurs. Maintenant j’ai arrêté, cela me donnait trop envie d’écrire. Arriver à réduire autant d’éléments dans mon esprit passe par une autre porte. Le chemin des arts se croise mais ne se ressemble pas. Un fond romantique ressurgit à force de répétitions. Il y a des jours où avec mes crayons de couleurs j’ai l’impression de découvrir le feu. On va ressortir vite.

au lendemain de la tempête Ciara

Faire lumière

Je ne parle pas des pièces maîtresses qui font l’œuvre pour le spectateur, le lecteur, le public. Je parle de ces fragments dont est formé la vie de l’artiste. Ils sont en retrait, presque enterrés. Ils vont être le sol et les fondations. Par lequel d’eux le soleil sera attiré ? Je ne sais pas. La réciprocité n’est jamais égale.

Je continue.

Ce qui fait l’artiste – 2020

Brochette de fruits

Je commence une nouvelle toile sur des fruits de saison. Il y a quelques années, j’ai découvert un livre d’aquarelle traitant de botanique. L’artiste peignait d’après nature des fleurs mais aussi des fruits qu’elle avait cueillis et cuisinés. Entre deux pages sur ses conceptions de la transparence et de la lumière, des brochettes de fruits apparaissaient comme une distraction au milieu d’une science exacte. J’ai adhéré au principe. Qu’est-ce qui voyage dans le temps ? Quelle est la mémoire et ce qu’on appelle aujourd’hui la mémoire vive ?

Parvenir à lier avec un savoir ancien et le transmettre jusqu’à nos jours passe par différentes phases de réflexions. J’ai beaucoup cherché dans la peinture à l’huile et à l’acrylique si cela avait déjà été fait. J’ai réfléchi sur la question d’aquarelle et me suis demandée si ces sujets étaient transposables. Il y a en peinture une grammaire à respecter. Elle est très difficile. Ce qui pourrait disparaître aussi vite après être apparu fini le plus souvent en pochade. C’est un vrai risque menant à une interprétation fausse de ce qui n’est qu’une « saisie ». Un peintre n’est pas un scripte. Un dessinateur s’en rapproche.

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Noter ou annoter ce qui donne à une journée sa lumière, sa température, est un repère sur ses progrès. On peut mesurer l’intérêt que porte l’artiste à cette journée au désir qu’il a d’être à sa peinture. Moi artiste, je dis : « faites que cette journée soit immortelle ». Il y a toujours un message. La grossièreté est de souvent cataloguer une oeuvre dans un registre quand la réflexion de l’artiste est détaché de sa peinture. Cela donne des choses assez vivantes et remarquées. Je ne suis pas à dire que la mode créée l’information par effet de répétition. Mais en peinture il arrive que l’on relève des oublis.

La trouée dans le temps va aspirer le peintre et lui donner son élan nécessaire. Ainsi répéter, mâcher, rabâcher est une ligne de conduite observée. Nous formons un maillon de la chaîne humaine et dans le temps et dans l’espace. L’errance ne peut subsister indéfiniment et le vague à l’âme de l’artiste à ne plus savoir ce qui fait notre époque finirait pas n’être qu’une perte de temps. Chaque jour tout est à refaire, à redéfinir.

Peut-être dans trois mois je penserai autrement. Qui sait.

À la recherche d’un monde perdu

 

Recherche d’après nature (juin 2013).

Le tout premier cours avec monsieur Mattelig. Test : niveau en dessin avant de s’intéresser aux couleurs et à son premier nuancier. L’échange sur la feuille est très stimulant. En quinze minutes j’y arrive. On s’amuse sur le temps qui nous reste à reproduire les poires et oranges en polystyrène sur la table. Dessiner à deux mains est une chose extraordinaire. Je n’aime pas travailler seule.

Le Bol de Buddha

L’année finie aux Beaux-Arts de Paris pour les ateliers du Chesnay (le cauchemar absolu que Dante ne serait embellir), je repris des sujets par trois, voir cinq fois mais le goût pour l’obsession a du mal à revenir. La chose s’arrange depuis. Ouf, truc de ouf.

Corbeille de fruits, aquarelle