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Travailler à la maison

Un peu de lecture. Un peu de dessin. Un peu d’air. À l’atelier, la table de travail a totalement revue sa configuration. Il m’a fallu tout retourner, les meubles en priorité, les cartons à dessins en second. Je ne suis pas restée pour regarder le résultat. J’ai préféré sortir avant de regretter mon geste. J’ai bien fais car j’ai eu de nouvelles idées pour compléter mon organisation. Je les ai laissé dormir avant de pouvoir les utiliser.

Aujourd’hui en images vous avez un chat perché qui aime la compagnie des magnolias, deux dessins d’atelier datant de 2012 et un livre qui sort de l’ordinaire.

Titles

Petits dessins sur papier aux crayons de couleurs, format A5.

Le temps est élastique. Un jour il paraît au repos. Un autre jour il paraît extrêmement tendu. Je le résume souvent à un titre – une image comme un moyen de mémoriser ce qui traverse l’âme.

Pourquoi ce jour là s’est-il écrit cela ? Pourquoi ai-je dessiné si vite un truc pareil ? Que s’est-il passé ?

Il y a des accidents, des apparitions. Je suis la première à me faire peur, à être même étonnée d’être étonnée par peur de devenir blasée d’une seule façon de voir les choses. Je ne crois pas au mystère. Il faut un titre pour ne pas perdre le lecteur, le visiteur. Il faut garder un fil conducteur. Garder un lien avec la raison.

In Real Life

Nymphe - gouache

Nymphe – illustration peinte à la gouache en ce moment.

Nymphe - gouache

À l’atelier, quelque chose du monde virtuel remonte à la surface. Le dessin laisse apparaître une lettre, quelque fois deux ou trois. On dirait des empreintes venues d’un autre monde.

Je peux m’estimer chanceuse de pouvoir continuer à transporter ce que j’utilise. Les mots. La lettre e que l’on peut voir dans l’oeil de Nymphe est une vision ancienne que j’ai eu à force d’écrire.

Des lettres naissaient à chacun de mes doigts et je tapais avec comme des caractères d’imprimerie sur la machine à écrire. Le festin nu de Cronenberg au terme de cette mue y ressemblait fidèlement.

On peut parier que dans l’écriture, des images finiront par céder de la place dans la mise en relation avec le spectateur. Le lecteur.

Nymphe - gouache

Question de style

J’ai testé ce week-end toutes mes couleurs. Nous sommes – à force de routine – à vouloir nous défaire de quelques automatismes. Les contrastes dans mon fond, j’en ai beaucoup. Alors je dois apporter quelque chose d’autre pour le changer. Et lui donner de la liberté. Je me sens naturellement portée par les harmonies. J’ai envie de nourrir mon univers par l’aquarelle. Le premier nuancier se voulait compliqué : couleurs froides et couleurs chaudes. C’était une erreur. J’ai vu la différence ensuite. Cela me permit d’éliminer les excès.

Concernant le nombre de couleurs et le nombre de rayons, je ne me suis pas laissée imposée le douze. Le nombre de rayons comme le nombre de directions fut le fruit d’un heureux hasard. Dans ma boîte de peintre, tout est là pour créer un moment magique.

Trente six couleurs au total. Trois cercles. Un premier pour les jaunes. Un deuxième pour les bleus. Un troisième pour les rouges. Arrivée à la fin, j’ai tracé les contours au feutre. Sa représentation me demande une nouvelle réponse au problème que j’ai à résoudre sur feuille. J’ai encore beaucoup à éliminer des automatismes pris avec mes carnets de croquis. Trop de traits, trop de charges. C’est un vrai travers que j’ai à intérioriser. Faire bon usage de ce qui est censé faire du bien à celui qui regarde la peinture, est-ce la vraie vie ? La fiction du quotidien, de la rue serait son introduction.

Depuis une volonté extérieure, cinq couleurs en trop m’ont donné envie de jeter sur feuille l’expression de ma personnalité.

Love in blue

Collage de fin d’été sur les projets à courts termes.

Quelques revues de voyages, de cuisine, de la presse féminine ou masculine (chacun son territoire).

Une feuille A3.

De la colle.

Et 2 heures pour s’y consacrer.

Attention aux mirages. Il n’y a pas de miracles.

Ne pas s’attacher à l’image forcément. Solliciter son sens pour les couleurs, les associer, les formes allant ensemble. Comme au poker, faire des paires, des quintes… Il s’agit de faire valoir dans l’avenir ses réussites personnelles. Il s’agit de sortir des rails et de voir où cela pêche. Après choix, ce qui bloque part à la poubelle. Ce qui subsiste va sur la feuille. Tout le temps des choix sont à faire, tout le temps des décisions sont à prendre. On en n’a même plus conscience. Les projets à courts termes parasitent ceux à moyens termes. Les cibler, c’est faire un résumé.

Celui-ci date de 2014. Aujourd’hui, j’en suis à faire des plus urbains, avec beaucoup de versos de pages, du texte et du Jean m’en foutre.

Nuit américaine

Célébrer le feuillu m’a inspiré un tour sous les arbres avant de rentrer. Je croyais être une girafe venue manger son repas de feuilles fraîches. Malgré la chaleur, un air frais passait par là et me fis lever le nez. J’ai cueilli quelques feuilles en pensant à Lugnasadh comme un rêve d’un très lointain pays. Je l’ai invité dans le lit, près de la tête comme pour l’entendre me parler de sa nuit en forêt. Divin.

Intégration

J’arrive cinq minutes avant. Je regarde l’escalier, le prend en photo. Je sors d’un dessin studieux qui me fait décoller. Je vais rarement de l’un à l’autre. La peinture qui m’attend fait sauter un verrou sur le dessin libre venant-intervenant ? à ce moment-là. C’est si précis que je me mets à reculer, à mettre un pas à pas sur ces dernières actions. Il fait froid, la terre en revanche est chaude comme prête à faire un bond et la neige s’alterne avec la pluie à laver de fond en comble nos pressions, nos colères… C’est si dérangeant que je me mets à décrire ce qu’il m’arrive comme un point dans l’univers… […] … Quand je reprends contact, notre prof montre qu’il a tout préparé. C’est parti pour une séance articulée. Nous aurons une limitation de vitesse, de temps et d’idées. Après ce vol de nuit, je réintègre mon corps. Taux de satisfaction : élevé.

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Peau d’orange

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Je sais que dans ce carnet un autre dessin appartient au même moment de vie. L’un l’ouvre, l’autre le ferme. Un poème lu par Valérie Rouzeau parle d’une orange de Californie qui passe la frontière. Ma tête penche. Nous ne sommes pas en France, Paul Éluard s’est volatilisé et un autre homme – Tomaz Salamun – sait écrire le vertige d’un voyageur. J’ai mangé les clémentines comme sortie du désert. Et la peau. Fin.

Pause café

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Sur le rebord de la table, je pose mes pinceaux. Je n’aime pas peindre ce qui est maladif. Mon éducation m’a toujours appris la retenue. Ce n’est pas une blessure. Alors je dessine vite et ressors un carnet. Cela me panse comme la langue d’un chien sur une plaie. J’adore ces verres qui me servent pour la Sangria. L’assiette dessous a disparue. Le bocal contient de la mauve. Je sais que dans ce carnet un autre dessin appartient au même moment de vie. L’un l’ouvre, l’autre le ferme.

À suivre.

 

Étude autour des mains (1)

TorsionsTension

Études réalisées à partir de postures de danse sacrée indienne. La codification des yeux et des mains est très intéressante quand elle doit être dirigée pour s’exprimer. C’est être un passeur. J’ai lu sur les danses et rituels du folklore. Inde, colonies des Îles, France, Italie, Angleterre, Belgique. J’y reviens car je sais qu’il y a quelque chose dans le présent qui m’y entraîne. Je crois pouvoir au moins contrôler cela : l’élan.