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Le Père Lachaise

J’ai toujours adoré les cimetières. Enfant, mes parents m’y emmenaient. Je crois qu’il n’est pas possible quand on voyage de visiter une église ou une chapelle sans après aller au cimetière. C’est un passage obligé si on veut bien faire les choses.

J’ai pris mes premières photos de tombes à onze ans. Au début je cherchais les tombes d’enfants et de bébés. Cette fascination m’a fort heureusement quittée à l’âge adulte. Mais je ne cache pas mon émotion si cela se produit. Les choses changent.

Le Père-Lachaise est un peu ennuyeux et c’est ce que je recherche certains jours de tumulte. J’aime m’ennuyer. Il arrive toujours beaucoup de choses entre deux portes. Quelque chose se remplit et l’air n’est plus le même une fois franchis les seuils.

L’après vie

L'après vie | 2020 | gouache
L’après vie | 2020 | gouache

La vie et l’après vie de toute chose en tout chose.

J’en ai terminé avec cette mini série. Les couleurs ont fait varier les formes avant qu’elles redeviennent un motif en deux dimensions. Une croix, une étoile, un octogone. La gouache m’a permis de passer le cap avec une forme d’insouciance le décès de ma grand-mère. Un fil déroulant avec des grandes périodes de la vie de cette personne m’a conduite à la reconnaître sous toutes ses formes. Elle m’a connu à tous les âges et vue au plus bas. Les schémas familiaux changent et une nouvelle forme d’amour est en train de naître. Je suis heureuse que cela se termine. J’aime avoir eu cette série de petites peintures pour arriver à en parler. J’aime aussi qu’elle trouve un sens propre au spectateur.

L'après vie | 2020 | gouache
L’après vie | 2020 | gouache

Guimet à l’absinthe / Part Two

Le décès de ma grand-mère change le rythme de vie à l’atelier. J’ai ressorti la gouache et un modèle de marqueterie que j’avais trouvé incroyable sur le parquet du musée Guimet. Chaque ligne ouvre et ferme un chemin. C’est très asiatique comme pensée à intégrer : très serré et dans un espace réduit. Chaque tracé ressemble à une taille. Chaque couleur à un guide. La peinture se remplie en comparant de mémoire le modèle français. Nous sommes très différents. Nos modèles sont plus simples et ne recouvrent pas tout le sol. Dans une autre vie j’aurais adoré travailler avec le bois. Les essences au séchage créent des harmonies de couleurs extraordinaires. Quelqu’un d’autre dirait que c’est banal. Ma grand-mère aurait compris et aurait trouvé ça également extraordinaire. La vie et l’après vie de toute chose en tout chose.

L’ombre des débuts

L’ombre des débuts, retrouvé sur un carnet de pastel commencé en 2016. Il s’est laissé oublier puis est revenu. Le confinement que nous vivons n’est pas sans présences.

pastel 2016

Buddha est partout. Il était en petit chez moi par terre. Comme un guide à mes pieds, il me faisait incliner la tête pour mieux regarder ce qui se passe en bas. Je l’ai cassé un jour de colère. À cet endroit, il n’y avait plus rien. Les somnambules que nous sommes ont des rêves venant d’autres têtes. On se laisse guider puis piéger. On pourrait dire que reconquérir son identité et retrouver les âges de la vie ne se demande pas. Toute réussite est imposée même si elle surprend. Buddha existe au-delà de toute perception c’est pourquoi sa présence fait du bien. Parler à des fantômes non. Depuis la terre, nous n’avons pas le droit d’être des âmes errantes. 🌾

Pastel sec | 16 x 25 cm sur papier Sennelier | 2016

Le pastel n’est pas dans mes habitudes. De lui sort de l’improbable. Des croisements sur des sujets occupent mon esprit et vont dans la même case.