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In Real Life

Nymphe - gouache

Nymphe – illustration peinte à la gouache en ce moment.

Nymphe - gouache

À l’atelier, quelque chose du monde virtuel remonte à la surface. Le dessin laisse apparaître une lettre, quelque fois deux ou trois. On dirait des empreintes venues d’un autre monde.

Je peux m’estimer chanceuse de pouvoir continuer à transporter ce que j’utilise. Les mots. La lettre e que l’on peut voir dans l’oeil de Nymphe est une vision ancienne que j’ai eu à force d’écrire.

Des lettres naissaient à chacun de mes doigts et je tapais avec comme des caractères d’imprimerie sur la machine à écrire. Le festin nu de Cronenberg au terme de cette mue y ressemblait fidèlement.

On peut parier que dans l’écriture, des images finiront par céder de la place dans la mise en relation avec le spectateur. Le lecteur.

Nymphe - gouache

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Jamais ne dire…

J’ai retrouvé dans mes affaires ces textes. Je ne me souvenais pu avoir participé au Prix de Poésie Simone Landry en 2016. Je ne sais plus le nom de la gagnante mais cela ne devrait pas être difficile de retrouver. La soirée s’est passée dans un atelier de peintres à Paris avec en invitée Noëlle Châtelet.
Le serpent

Tu as le serpent,

Dans l’œil, il danse,

Se frotte contre l’iris.

L’écaille sur la langue

Pointe le démon.

Il cherche son nid en toi

Par ton œil, contemple

Ton corps au repos.

Entre les jambes,

À ta mort il en veut.

Il mord puis monte,

Sort, entre,

Poser son venin.

 

L’aurore
Dès l’aurore, le monde s’effondre.
On te dit : continue de chanter.

Autour, va le monde en noir et blanc.

Là-haut te dicte : continue de chanter.

Une entaille au cœur grandie.

Et à l’intérieur, la voix chante.

S’écartent les crânes, les sans ombres,

Partent les masques, les trous, les racines,

Foncent dans le ventre saisir,

Cheveux d’or et d’argent,

D’ores et déjà dehors.

 

Dear diary

Dear diary, je suis nue dans un lit qui n’est pas le mien. Dans ma tête c’est la course, j’ai le cœur qui bat au tempes. Dans la salle de bain, le lavabo est occupé par l’homme. Je tape dans l’oreiller. J’ai chaud, j’ai froid, j’arrache le drap humide et m’enroule dans un gros pull qui sent le sel de mer. Je mets un nom aux odeurs abandonnées. Je ferme les yeux, m’étire, soupire, gratte le papier peint du mur. J‘ouvre mon regard noir, c’est l’heure de rendre la chambre. Anaïs N.