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L’après vie

L'après vie | 2020 | gouache
L’après vie | 2020 | gouache

La vie et l’après vie de toute chose en tout chose.

J’en ai terminé avec cette mini série. Les couleurs ont fait varier les formes avant qu’elles redeviennent un motif en deux dimensions. Une croix, une étoile, un octogone. La gouache m’a permis de passer le cap avec une forme d’insouciance le décès de ma grand-mère. Un fil déroulant avec des grandes périodes de la vie de cette personne m’a conduite à la reconnaître sous toutes ses formes. Elle m’a connu à tous les âges et vue au plus bas. Les schémas familiaux changent et une nouvelle forme d’amour est en train de naître. Je suis heureuse que cela se termine. J’aime avoir eu cette série de petites peintures pour arriver à en parler. J’aime aussi qu’elle trouve un sens propre au spectateur.

L'après vie | 2020 | gouache
L’après vie | 2020 | gouache

La lettre dorée

Mirabelles – aux crayons de couleurs

Sur le papier, l’ombre du vent rôde. La tempête Ciara emporte le bois mort qui n’est pas tombé de l’hiver. C’est presque un soulagement. On a eu peur que cela soit plus grave. La marche d’hier m’a montrée une nature plutôt réveillée et en bonne santé. J’espère que c’est pareil pour vous. Ce frisson s’est communiqué sur ma table de travail. J’ai continué de faire monter les couleurs. Maintenant j’ai arrêté, cela me donnait trop envie d’écrire. Arriver à réduire autant d’éléments dans mon esprit passe par une autre porte. Le chemin des arts se croise mais ne se ressemble pas. Un fond romantique ressurgit à force de répétitions. Il y a des jours où avec mes crayons de couleurs j’ai l’impression de découvrir le feu. On va ressortir vite.

au lendemain de la tempête Ciara

Deux anglaises dans un jardin français

Pêches 🍑

Pêches ou Appât pour deux anglaises à cuisiner dans un jardin à la française.

Sur un pêcher pousse des poèmes prêts à manger. Deux anglaises en France pour cinq jours visitent la maison de Maurice Denis. Sur le banc, elles noient cette invention : les couleurs ne sont pas lumineuses, cela n’a pas force, Maurice Denis n’a pas notre préférence. J’écoute leur nature avant que les mots en français soient ce qu’elles veulent dire. Les deux anglaises m’apprennent l’importance d’une terre neutre entre nous pour habiter la conversation. La plus douée me dit : Cézanne a de la lumière. C’est curieux à quel point je suis d’accord et ne peux en dire plus. Elle poursuit, force sa mémoire et demande à l’autre anglaise qui est the woman in forest. Manet, répond-elle. Elles veulent Le déjeuner sur l’herbe, une illusion réelle et une vérité sur toile. J’ai déjà vécu ça : deux américaines à Paris, perdues en sortant du Louvre allant boulevard des italiens me demandent quel métro prendre pour le Centre Pompidou. J’ai vingt ans et les accompagne à pieds. Elles sont si heureuses, qu’elles me donnent l’argent du métro. J’accepte. Devant les deux anglaises, je réduis toute idée parallèle. Aucune familiarité entre nous s’il vous plaît est ma préférence. Nous ne sommes pas à Paris, les idées depuis les couleurs de Manet m’envoient dans toutes les directions en France. Je ne dis rien mais au milieu du jardin de Maurice Denis, nous avons toutes les trois très faim d’une forêt sauvage. Les poèmes ont parlé. Nous devons nous séparer, l’art de la conversation ça creuse à la folie.

Peau d’orange

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Je sais que dans ce carnet un autre dessin appartient au même moment de vie. L’un l’ouvre, l’autre le ferme. Un poème lu par Valérie Rouzeau parle d’une orange de Californie qui passe la frontière. Ma tête penche. Nous ne sommes pas en France, Paul Éluard s’est volatilisé et un autre homme – Tomaz Salamun – sait écrire le vertige d’un voyageur. J’ai mangé les clémentines comme sortie du désert. Et la peau. Fin.