Étiquette : Paris

La robe de mariée

La robe de mariée d’Alexis Mabille en vitrine dans la galerie Vivienne à Paris

⭐ J’aime les vitrines. À l’approche de Noël, elles sont des prouesses d’imagination. L’intérieur des magasins et leur scénographie me fascine depuis un tour à Lille dans la boutique NafNaf. Cosy et girly avec des chaises suspendues comme une salle de classe se transformant le soir en salle de bal. Je reste souvent à regarder pour n’acheter au final qu’un pull ou une jupe, rarement l’ensemble. Ce qui me fait revenir souvent et me fait acheter des accessoires inutiles juste pour justifier ma présence. C’est bête hein les filles ? En dehors des lumières et des podiums qui font notre goût saisonnier à celui d’une étalagiste, je regarde les mannequins. Mon père en a pleins qui lui servent de porte manteau. Il a fait semblant de m’en acheter un et se l’est gardé. Salop. J’en veux un noir comme pour accrocher les bijoux. D’ailleurs, je rêve depuis longtemps d’accrocher des bijoux sur le mur comme des paillettes. Les hommes trouvent bien un moyen d’accrocher leurs cravates et d’exposer leurs baskets, pourquoi pas moi. 🌸
La robe et la parure, la vendeuse, dans un passage parisien, était très fière que je la prenne en photo.

Théâtre du Châtelet

Un de mes premiers théâtres. J’y allais jeune femme pour la leçon du dimanche matin où j’ai découvert la plupart des artistes qui font la scène musicale classique et jazz. Paraît-il que mon arrière-grand-mère y emmenait mon père voir des opérettes. J’y ai vu Alexandre Tharaud, Quartet ébène, Anne Gastinel, Jean-Guihen Queyras, Dominique A, et quelques autres. En échangeant avec un monsieur au Théâtre de l’Odéon, j’ai eu très envie de retourner sur mes pas direction place du Châtelet. C’est mon quartier. De dix-huit à vingt-trois ans j’étais presque tous les jours à la BPI, je n’achetais que des livres et déjeunais d’une demi baguette viennoise et d’une banane. Certains jours, ma mère m’achetait des salades catalanes en boîte que depuis je déteste et j’utilisais l’argent du transport pour les revues, l’encre et le papier. Je n’avais pas d’ordinateur et les postes d’autoformation de la BPI m’étaient géniaux. Je voulais apprendre le russe et le japonais et feuilletais toutes les références de mes auteurs de chevet. C’est en écoutant la chanteuse RoBERT que j’ai commencé à sortir de ma coquille. Avec, ou pour elle, je suis allée dans pleins de petites salles parisiennes. Comme ça ne me suffisait pas et que la scène française était en pleine explosion j’ai continué à suivre le flux et me laisser porter vers d’autres lieux. Je rêve depuis des années de la salle Gaveau, du théâtre des Champs-Élysées et de l’Odéon. J’aime Pleyel, la Philharmonie, Chaillot, le Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet. Je suis venue en fin de matinée, le ciel bleu clair créait un sentiment de sécurité immense. Quelque chose de l’invisible en se densifiant nous sortait de l’ignorance. Les portes sont fermées pourtant il y a de la vie derrière. Tout brille. Tout est chauffé. Le lieu n’est pas abandonné. À tout moment les portes peuvent se rouvrir.

Les bouquinistes

Quelques livres sur les étals de Paris

 Retrouver des amis de papiers, des amis amis des papiers également, ça tombe sous le sens. Prendre un café au bord de la Seine et suivre le sens de la marche pour s’amuser à trouver près de nous ce qu’on a lu dans un livre.

Les affiches et illustrés
Des poches aux livres d’arts

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Portrait aux crayons de couleurs de Louise Labé, poétesse française de la Renaissance, d’après la sculpture de Jean-Joseph Carriès exposée dans les collections permanentes du Petit Palais.

J’ai mis en lien la photo du buste tout en vous disant bien avoir dessiné la sculpture sur place. Même chose concernant la mise en couleurs. Rien n’a été fait à la maison. Je me suis assise sur un banc entre deux salles et des teintes toniques sont venues immédiatement sur le papier. Quelque chose de la femme du moyen-age, de la femme d’âge moyen, comme le chante Catherine Ringer. Une artiste unique et une femme charismatique très coquette.

http://parismuseescollections.paris.fr/fr/petit-palais/oeuvres/buste-de-loyse-labe

Pour le retour du Soleil honorer,
Le Zéphir l’air serein lui appareille,
Et du sommeil l’eau et la terre éveille,
Qui les gardait, l’une de murmurer

En doux coulant, l’autre de se parer
De mainte fleur de couleur nonpareille
Jà les oiseaux ès arbres font merveille,
Et aux passants font l’ennui modérer

Les nymphes jà en milles jeux s’ébattent
Au clair de lune, et dansant l’herbe abattent.
Veux-tu Zéphir, de ton heur me donner,

Et que par toi toute me renouvelle ?
Fais mon Soleil devers moi retourner,
Et tu verras s’il ne me rend plus belle.

La paix est ouverte

Souvenir de Thanksgiving 2019.

La paix est ouverte. De 18 heures à 20 heures 30, nous étions plus de 200 invités à fêter Thanksgiving à l’American Church samedi dernier. Qu’est-ce que la famille américaine ? Différents états, différentes origines sociales, différentes cultures. Différentes familles essentiellement composées de trois générations, peu importe le parent, la généalogie doit être visuellement rassurante.

Ce repas n’est pas comme les autres. On l’associe souvent à Noël tant sa représentation peut ressembler à des répétitions. Ce n’est pas l’histoire mais ça l’est devenue. L’amérindien et l’américain partageant une dinde pour symbole de paix, de la France cela peut paraître une farce tant on est loin de la colombe. Alors vite on montre bien que pour la France c’est pareil. Il suffit de regarder ce qui a été posé sur la table. Un soupçon de roquefort dans la salade frisée, des olives en début de repas avec de la confiture de cranberries, et autres mets faciles à identifier.

J’ai vu la bonne éducation américaine en pleine forme. Les manières familières pour mettre à l’aise, cela m’étonne toujours mais on s’y fait. Je n’ai pas vu le temps passer. Mon anglais n’est pas assez bon pour une conversation. J’ai écouté puis parlé sans me forcer. La raison de ma venue, mon lien avec les personnes, je crois les avoir inquiétés au début. Le plus grand s’est déjà produit, on pouvait s’y arrêter une seconde avant de reprendre le train en marche. J’ai apprécié. Cela ressemble à un circuit fermé qui demande un sens unique dans la mesure du possible. Il faut tourner et retourner jusqu’à temps que tout le monde se comprenne. C’est si important la famille. Merci à mon père

Jamais ne dire…

J’ai retrouvé dans mes affaires ces textes. Je ne me souvenais pu avoir participé au Prix de Poésie Simone Landry en 2016. Je ne sais plus le nom de la gagnante mais cela ne devrait pas être difficile de retrouver. La soirée s’est passée dans un atelier de peintres à Paris avec en invitée Noëlle Châtelet.
Le serpent

Tu as le serpent,

Dans l’œil, il danse,

Se frotte contre l’iris.

L’écaille sur la langue

Pointe le démon.

Il cherche son nid en toi

Par ton œil, contemple

Ton corps au repos.

Entre les jambes,

À ta mort il en veut.

Il mord puis monte,

Sort, entre,

Poser son venin.

 

L’aurore
Dès l’aurore, le monde s’effondre.
On te dit : continue de chanter.

Autour, va le monde en noir et blanc.

Là-haut te dicte : continue de chanter.

Une entaille au cœur grandie.

Et à l’intérieur, la voix chante.

S’écartent les crânes, les sans ombres,

Partent les masques, les trous, les racines,

Foncent dans le ventre saisir,

Cheveux d’or et d’argent,

D’ores et déjà dehors.

 

Dear diary

Dear diary, je suis nue dans un lit qui n’est pas le mien. Dans ma tête c’est la course, j’ai le cœur qui bat au tempes. Dans la salle de bain, le lavabo est occupé par l’homme. Je tape dans l’oreiller. J’ai chaud, j’ai froid, j’arrache le drap humide et m’enroule dans un gros pull qui sent le sel de mer. Je mets un nom aux odeurs abandonnées. Je ferme les yeux, m’étire, soupire, gratte le papier peint du mur. J‘ouvre mon regard noir, c’est l’heure de rendre la chambre. Anaïs N.