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L’ombre des débuts

L’ombre des débuts, retrouvé sur un carnet de pastel commencé en 2016. Il s’est laissé oublier puis est revenu. Le confinement que nous vivons n’est pas sans présences.

pastel 2016

Buddha est partout. Il était en petit chez moi par terre. Comme un guide à mes pieds, il me faisait incliner la tête pour mieux regarder ce qui se passe en bas. Je l’ai cassé un jour de colère. À cet endroit, il n’y avait plus rien. Les somnambules que nous sommes ont des rêves venant d’autres têtes. On se laisse guider puis piéger. On pourrait dire que reconquérir son identité et retrouver les âges de la vie ne se demande pas. Toute réussite est imposée même si elle surprend. Buddha existe au-delà de toute perception c’est pourquoi sa présence fait du bien. Parler à des fantômes non. Depuis la terre, nous n’avons pas le droit d’être des âmes errantes. 🌾

Pastel sec | 16 x 25 cm sur papier Sennelier | 2016

Le pastel n’est pas dans mes habitudes. De lui sort de l’improbable. Des croisements sur des sujets occupent mon esprit et vont dans la même case.

Donner à boire

De chez soi, écrire dessiner et parler. 💙 💜 💚

Cet article fait suite à un premier rédigé en janvier dernier.

https://21llouise.wordpress.com/2020/01/12/boire-a-la-source

Deux oiseaux sur un verre - pastel - 2018
Deux oiseaux et un verre, année 2018, au pastel

Deux oiseaux et un verre, version au pastel sur feuille A3. Le papier n’est pas adapté au pastel alors j’ai utilisé des bâtons Rembrandt et des crayons Faber Castell puis j’ai mis de la laque Sennelier. Le résultat est réussi. Ça tient.

Se sentir vivante

Je voulais peindre autre chose…

Dans ma mémoire, il existe quelque part vers Bagatelle une baronne s’occupant de ses vignes. Elle laisse quelques jardiniers venir retirer ce que la nature rejette de son ventre. Les jardiniers ne s’avancent pas en direction de la maison. Après la tonte, une servante leur apporte des cafés et des financiers faits maison. Ils écoutent la dernière demande de la baronne : sélectionner dans la taille des hortensias des fleurs séchées. La servante repart avec le plateau et dans l’équipe des jardiniers une aide jardinière est choisie pour placer la faveur de la baronne sur le pallier de l’escalier. Il ne faut pas de bouquet. Il faut les éparpiller. La baronne a plus qu’une idée. Quelque fois une personne lui manque. Sortir une écharpe offerte par un disparu est réconfortant. La photo rend triste. Ce n’est pas un souvenir qu’elle peut toucher. L’écharpe si. Encore que. Ce jour-là elle doit être assez âgée pour se rendre compte que regarder les petits-enfants jouer lui interdit la nostalgie. Il lui faut comme eux un objet de courte durée qui lui montre une présence venant de l’intérieur si grande qu’elle laisse entr’apercevoir les aînés.

Un plant séché sur pied y arrive. La mémoire des morts invoquée quelque chose est là pour protéger la baronne. Elle ne demandera jamais autre chose que des hortensias. La peur de ne pas rester maîtresse dans sa maison est vite démasquée. À ses invités elle réserve un bouquet coupé le matin même. Les fleurs grandes ouvertes incitent à sortir sur la terrasse. Le vase est posé sur une table ronde dans l’entrée de la maison. On peut le voir sur deux façades depuis le jardin et l’entrée.

La grand-mère de l’aide jardinière faisait de même avec les amours en cage. Le fruit consommé la fleur était maintenue avant d’être suspendue avec du raffia. Cette tradition réserve une espérance de vie. Elle est à signer comme un contrat avec la maison. On pouvait voir la fleur dans la cuisine, au séjour, dans le bureau d’écriture et oubliée dans les poches d’un tablier.

En voyant les hortensias c’est un peut de mort à regarder. L’aide jardinière devine la baronne de l’autre côté de la porte. Comment ne pas se sentir vivante après cela.