Étiquette : Paul Cézanne

D’avant d’alors

dans la maison de Paul Cézanne

Plus loin, plus bas, du centre de la terre, sous les couches terrestres formées par les événements climatiques.

C’est le moment de faire ses commandes de semences pour celles et ceux qui ont un jardin ou un balcon. Après le nouvel an qui s’accompagne souvent d’herbes non utilisées à jeter dans la nature, je fais le tour des graines récoltées et des graines données dans le périmètre de mes connaissances. Elles ont toutes tenues et cherchent la liberté. J’ai volé des fleurs dans ma vie et des graines comme une pie attirée par l’or. Du coup j’achète des arbustes qui ne vont pas à l’intérieur et que je garde un mois comme un sapin de Noël avant de les replanter dans la forêt. C’est équitable. Certaines sont obligées de revenir là d’où elles proviennent tant le type de sol diffère d’une agglomération à une autre. J’en ai marre de l’ailanthe qu’ils nous ont planté partout en remplacement du ginko (avant cela encore du prunier), c’est moche et question absorption d’air pollué je fais les yeux ronds. Le plan de l’armée secteur espaces verts pue. On a retiré l’amiante depuis longtemps quand même. Salut.

Portrait de mitaines écarlates, auteure du livre de cuisine C’est pas de la tarte.

Deux anglaises dans un jardin français

Pêches 🍑

Pêches ou Appât pour deux anglaises à cuisiner dans un jardin à la française.

Sur un pêcher pousse des poèmes prêts à manger. Deux anglaises en France pour cinq jours visitent la maison de Maurice Denis. Sur le banc, elles noient cette invention : les couleurs ne sont pas lumineuses, cela n’a pas force, Maurice Denis n’a pas notre préférence. J’écoute leur nature avant que les mots en français soient ce qu’elles veulent dire. Les deux anglaises m’apprennent l’importance d’une terre neutre entre nous pour habiter la conversation. La plus douée me dit : Cézanne a de la lumière. C’est curieux à quel point je suis d’accord et ne peux en dire plus. Elle poursuit, force sa mémoire et demande à l’autre anglaise qui est the woman in forest. Manet, répond-elle. Elles veulent Le déjeuner sur l’herbe, une illusion réelle et une vérité sur toile. J’ai déjà vécu ça : deux américaines à Paris, perdues en sortant du Louvre allant boulevard des italiens me demandent quel métro prendre pour le Centre Pompidou. J’ai vingt ans et les accompagne à pieds. Elles sont si heureuses, qu’elles me donnent l’argent du métro. J’accepte. Devant les deux anglaises, je réduis toute idée parallèle. Aucune familiarité entre nous s’il vous plaît est ma préférence. Nous ne sommes pas à Paris, les idées depuis les couleurs de Manet m’envoient dans toutes les directions en France. Je ne dis rien mais au milieu du jardin de Maurice Denis, nous avons toutes les trois très faim d’une forêt sauvage. Les poèmes ont parlé. Nous devons nous séparer, l’art de la conversation ça creuse à la folie.