Étiquette : présence

Deux cuillers et trois livres

Two spoons and three books.

Dans la cuisine les invraisemblances apparaissent. Il y a un bout de la salle de bain, un bout de la chambre et un bout du séjour. Les objets du quotidien créés une zone d’interférence. À cause d’eux, tout le monde reste trop longtemps dans la cuisine. Une génération entière à rééduquer.

Deux cuillers et trois livres – Été 2018.
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Mue

Pour préparer la porte ouverte de l’école, il était demandé pour le cours de dessiner à main levée les travaux des élèves exposés. C’était étrange. Entre la copie et la sténo. Le voyeurisme ressenti reportait l’attention de l’œuvre à celui ou celle qui l’a produite sans dire à qui parler. On n’est jamais seul devant une œuvre. Je me suis posée beaucoup de questions sur certains. Je suis ce que je mange, je suis toi, je suis désolée d’être en vie. Le silence ne m’a pas parlé. En revanche, l’intériorité énormément.

Le monde nous appartient

Trois moments d’une session passée aux Beaux-Arts de Paris.

On adore venir avant la prof. C’est si important que le métissage nous incite même à quelques chants comme un cri de guerre, un cri de ralliement qui ira barrer la route à tout étranger du cours.

Ici avec José, on aère, on regarde le ciel, on se vide la tête et on laisse remonter à l’esprit ce que le corps a vécu. Le modèle est à l’heure. La séance commence. Nous avons nos remparts. Il y a du Don Quichotte en peinture à l’huile. Des bouchers et des chirurgiens. Cela demande du temps avant de s’entendre. La salle chauffe, les personnes présentes souffrent. On cherche le souffle, l’étincelle. On refuse l’automatisme. C’est une course. S’entendre respirer un temps avant le modèle est un début de victoire.

On réouvre les fenêtres. On adore nettoyer et ranger le lieu. Ainsi on descend, ainsi on monte. On demande à sortir sans rien emporter. Avec les clés, on quitte une demie-heure après la prof, la salle du cours.

Paris, printemps 2016.