Étiquette : promenade

Une jeune fille à vélo

En bicyclette au Vésinet, de Léon-François Comerre, 1903, huile sur toile, 199 x 115 cm

Journée mondiale du vélo, aujourd’hui, jeudi 3 juin 2021. J’ai vu ce tableau au Petit Palais à Paris. C’était pour une séance de dessin avec un petit groupe de fans. Nous cherchions les correspondances avec nos vies et avions fait notre trou devant ce qui nous y faisait penser. L’organisatrice voulait m’imposer un autre tableau avec une femme plus agée allongée dans des vêtements du soir. Cela m’a perturbée et je n’ai pas pu dessiner la jeune fille et son vélo. J’ai fait le portrait d’une poétesse me sentant obligée de tracer des lignes en souterrain. En remontant à la surface, que vois-je ce matin sur mon ordinateur ? En bicyclette au Vésinet. Quel hasard. J’espère que c’est une bonne journée pour vous comme pour moi.

Pleine saison

Une des conséquences venant du coronavirus est que la vue du paysage et de la foule dans la rue rendent tristes. J’ai rouvert un livre de photos et suis tombée sur une journée quelque part dans le temps à Pantin. La ville est au nord de Paris, juste à côté de la Géode et de la Cité des Sciences et de l’Industrie. Si les centres culturels ne sont pas tous ouverts, ce n’est pas plus mal. On peut visiter ses villes autrement. À Pantin, au bord de l’Ourcq, je vais habituellement au CND. Le bâtiment est superbe et retire toute distraction inutile en phase créative. Je ne sais pas de qui sont ses yeux ni même s’ils seront là pour la vie. Ils sont nombreux et leurs variations en font des notes de musique choc! Est-ce que vous les entendez ? Je suis sûre que oui! Ils veulent continuer d’éclairer le monde, de sonner le rappel en musique, en peinture, en danse. La littérature est là en arrière pour les rattraper car ils volent dans tous les sens et se perdent dans leur art. 💚💕

Yeux roses, violet, … au bord du canal de l’Ourcq à Pantin

sculpture replicant à Pantin

Son et silence

cimetière de Sète
mouettes silencieuses au cimetière des marins

Depuis 2015, je n’ai pas pu retourner à Sète, ville qui a enterrée Georges Brassens, pays de la joute givordine et vue admirable au port d’une mer calme et bleue. J’aime cette ville depuis un premier voyage enfant. Y revenir à l’âge adulte m’a mené à quelques mètres des mêmes rues. Avec deux amis qui me logeaient, nous sommes partis en excursion. Nous avons visité le musée de la marine, évité Paul Valéry, bavardé chacun de son côté devant les œuvres exposées au MIAM (Musée International des Arts Modestes), mangé au port du loup de mer, laissé le moelleux au chocolat aux abeilles et fini notre périple au cimetière des marins. On s’est mis en tête de rester ensemble avant de remarquer que nous avions un souvenir à protéger. J’ai grimpé en haut en prenant plusieurs escaliers et passages entre les tombes. Les mouettes en cette fin d’après midi se posaient au sommet des chapelles et caveaux familiaux. Elles laissaient le vent les laver sans se laisser distraire. Les ruines, la roche et les tombes, ne parlaient pas. L’histoire a commencé en regardant les gestes laissés des visiteurs. Le rangement des arrosoirs, le placement des briques autour du robinet, la peinture sur les seaux, le nombre pair pour chaque objet suggérant mille choses. Nous sommes repartis à la nuit tombée pour Palavas les flots et avons fait silence. On a aussi évité le karaoké et le casino. L’honneur était sauf. Nous avons surtout aimé le son qui arrive après, la brise emprisonnée dans l’oreille interne.

rampe d'escalier au cimetière de Sètearrosoir du cimetière de Sèterouille et peinture au cimetière de Sèteroses anciennes au cimetière de Sète