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Peau d’orange

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Je sais que dans ce carnet un autre dessin appartient au même moment de vie. L’un l’ouvre, l’autre le ferme. Un poème lu par Valérie Rouzeau parle d’une orange de Californie qui passe la frontière. Ma tête penche. Nous ne sommes pas en France, Paul Éluard s’est volatilisé et un autre homme – Tomaz Salamun – sait écrire le vertige d’un voyageur. J’ai mangé les clémentines comme sortie du désert. Et la peau. Fin.

Rêverie au jardin

Je n’ai pas envie de savoir ce qui se passe dans votre bureau…

À chaque visite, je sens que je déborde sur le programme universitaire d’un autre pays. J’ai envie d’un week-end à Bordeaux, on me parle d’une année à Grenoble entre étudiants. Est-ce que seulement cela m’intéresse ? À entendre, je dis que non. En ayant vu le remake d’un film italien des années soixante, je suis le corps à l’envers et la tête à l’endroit en train d’en apprendre sur le meilleur moyen de sortir de son imagination : écrire le programme d’une vie parfaite. J’ai démarré hier en m’instruisant sur la meilleure compagnie de route avec qui traverser cette longue nationale devenant départementale. Le chien ou la chienne. L’âge de l’homme est à enterrer comme un point de départ : il est né en 1978. Il aurait 39 ans ou bien aurait eu ses 40 ans. En-dehors de cet entre-deux rives, je n’ai rien à prendre au sérieux. Elle, médecin, fuit un lieu : la maison familiale. Elle cherche à larguer les amarres pendant que lui obéit à la voix de son père : la maison de leur amour. On ne sait dire en une phrase. Il y a un roman et du mot à mot dit à deux voix faisant celle du narrateur. Les aides sont précieuses et quelques personnages naissent sans rien connaître de leur auteur. Je les aime déjà. L’amie de mon compagnon fait la mignonne et montre les cadeaux et bijoux comme une assurance pour la vie. L’ami qui veut mon bien, cherche à enfoncer son poing dans le sol en béton. Il cache une richesse, il sait que je trouve cela vulgaire. Il fait l’effort de garder le costume et de voir dans ma chute une envie de refaire sa vie. Il met beaucoup de lui en ne parlant plus d’appartement de luxe. Il met de la fantaisie, comme un gâteau un jour de ciel gris apporté au travail. C’est un peu de tristesse qui habite notre visage.

J’aimerai ne plus être à deviner une présence qui ne viendra peut-être pas. On voudrait étaler la transformation, qu’elle soit immortalisée et en-dessous nous pourrons être à nouveau simples amis avec l’amie et l’ami. Qu’il arrête de construire notre maison. Le Franck Lloyd Wright au niveau du Corbusier délivre un texte d’architecte rendant malade son lecteur. Il faut changer de matériau… il faut changer de corps… il faut être plus léger… plus aérien… la terre est invivable.

Sur le lac, on voit un plan retraduit du béton et du bois en zinc et différents métaux. La maison est une cage aux oiseaux sur pilotis. J’aime bien Eiffel Gustave, j’ignore ce qu’en demande l’américain moyen. J’ai envie de revoir la statue de la Liberté. Dans ses jupes, l’intérieur de sa tête, je vois voyager des millénaires (les sept merveilles du monde, le colosse de Rhodes). La muse, le mannequin, les archétypes divins du féminin, le nouveau monde… une flamme voyage léger et transporte avec elle la colère de Zeus pendant que, sous ses pas, celle de Neptune fait monter le niveau de l’eau. L’accouchement est en cours. Nous nous rapprochons du jour immobile.

Jusqu’à notre dernier souffle, notre sol est en-haut.

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Conversation dans la salle de bain

… Arrêter de se compliquer l’esprit, arrêter de se prendre la tête. L’esprit est sain. Au travail, il y a une chose à connaître : l’uniforme est fourni. Quand j’étais esthéticienne, on se maquillait avec le maquillage mis sur le présentoir et quelque fois un bijou. Mais bien souvent, le bijou était réservé à la supérieure. Depuis l’expérience à Dijon, j’ai sorti de mon ventre un geste tendu vers moi. La dame qui peint en couleurs est venue me montrer sa bague avec des carrés de rouge et de bleu. Il faut montrer patte blanche. Un bijou fantaisie dans les marchés de jeunes créateurs, c’est bien. Dans un salon d’art contemporain de sélection à haut niveau, le partenaire officiel devient une gourmandise. À ce jour, il n’est pas juste de montrer sa garde robe et sa mise. Ici, seul le staff est autorisé à valoriser son goût en présentant son catalogue d’exposition. La phrase la plus entendue par la galeriste est peut-être, «je voudrais tout refaire». J’ai un collier qui demande un bracelet et sa bague. Une exposition me demande d’être déjà à autre chose. La joaillerie est une mine d’or en matière d’information. Le microscope grossissant la semi précieuse décuple le contact invisible avec les étoiles me ramenant à Superman et sa cousine Supergirl. De l’air venant du dessus de la couche d’ozone, c’est extra. La roche volcanique nous apprendrait comme un coquillage venant, lui, de la mer une vision intérieure susurrée à l’oreille. Le chemin en pensée descend dans le fond : je suis dans mon sous-marin. Je suis une femme, je me délasse dans la salle de bain avec mon coquillage. Il est un homme, il veut réfléchir au jardin à l’eau du bassin qui coule sur la roche. Je suis un poisson, il veut me pêcher. Il en a acheté, je veux le manger. Il me dit attend, quelque minutes après, les perles du collier apparaissent sur ma peau. L’eau s’est transformée en une autre eau. J’ai besoin de toucher les pages du livre où les manches retiennent l’eau des hommes qui pleurent. Le Dit du Genji de l’impératrice dispense du code de bonne conduite.

En conclusion, la mer sourit à ceux qui se lèvent tôt. L’objet me rappelle à mon travail.

 

Lee Louise, le fonctionnement

Lee Louise est un nom à la mode, il a quelque chose de masculin et s’il existe c’est que personne d’autre que moi ne pouvait l’inventer… sa venue a signé la fin d’un monde, le nouveau reste à naître.

Ici, Lee Louise reçoit un paquet d’objets trouvés qui mérite que l’on se penche sur terre. Je propose le parcours de personnes que l’on rêve de rencontrer. Ils ont des projets pleins la tête, en ont réalisés quelques uns et songent à partager le suivant déjà trop grand pour être un concept sans lendemain.

Nous ne sommes pas comme tout le monde, cela mérite du temps pour apprivoiser les grands sujets à la dimension d’une vie. J’espère rester aussi honnête que possible pour manifester aussi de mon parcours. En texte d’abord. En images sous différents supports en second. Impossible sans. Eux aussi fermeront et ouvriront les portes du ciel laissant apparaître ce qu’il y a encore à construire. Nous ne sommes pas pressés. Le proverbe « Rome ne s’est pas construite en un jour » a de beaux jours devant lui.

Third art est dans la classification des arts l’expression correspondant à la peinture et au dessin. On l’appelle aussi arts visuels. Parce qu’elle occupe une grande place dans ma vie, je l’utilise ici. Les premiers, architecture et sculpture, ne sont pas absents. Tout comme les suivants : la littérature, les arts de la scène et les arts médiatiques. Je ne dis pas en faire l’entièreté des sujets. Il est question de vase dans lequel arriver à contenir cette expression humaine. Avec un peu de liberté tout de même.

Bienvenue à vous.