13 novembre 2015

La montée des corps, acrylique et aquarelle sur papier en bambou

Cette peinture date du jour de l’attentat du Bataclan, le 13 novembre 2015. Je me souviens ne pas avoir eu d’idée précise avant de m’y mettre et avoir été malade toute la journée en la concevant. Les corps n’arrivaient pas dans cette terre à se former. Ils n’avaient pas l’air de savoir s’ils voulaient vivre et restaient à se former et se déformer. Je sais avoir quittée en fin d’après-midi ma peinture avec une grande appréhension et avoir foncée au premier hypermarché le plus près de chez moi. Une femme que je connaissais devait s’occuper du rayon poissonnerie tout en faisant attention à ne pas trop discuter. Elle n’arrêtait pas de me demander « ça va ? ». Impossible de l’arrêter. Nous n’aimions pas comment nous étions placées pour parler. Instinctivement, on s’est mises du même côté à regarder dans la même direction. Rien ne nous renseignait sur ce qui allait se passer. Elle, me parlait de ses heures dans cet hyper qui lui explosaient les yeux. Moi, je lui parlais de ces heures qui n’arrivent jamais à terme et m’explosaient le ventre. On s’est séparées à la fermeture ne voulant pas décrocher un seul sourire à quelqu’un d’autre que nous. Dans la soirée, l’information arriva, j’appelais plusieurs amis qui étaient susceptibles d’y avoir passé la soirée et l’histoire continua avec nous.

Je suis entrée dans une méditation que je ne quitte pas depuis ce jour.

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