Chez les heureux du monde

Edith Wharton écrivait dans Chez les heureux du monde (The House of Mirth – 1905) :

– Mon idée du succès, dit-il, c’est la liberté personnelle.

– La liberté ?… être libre de soucis ?

– Libre de tout … de l’argent et de pauvreté, de l’aisance et de l’inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l’esprit, voilà ce que j’entends par le succès.

J’ai toujours préféré Edith Wharton à Virginia Woolf. La femme à la voiture c’est tout un symbole. La journée de la femme en Angleterre datant de 1912 et dont elle eu une part prenante à son existence aussi. Le lien d’amitié avec Charlotte Perkins Gilman, auteure de La séquestrée, un des premiers textes sur la dépression post-partum. Ses livres bien sûr, son écriture subtile alliant liberté et intelligence. Sa vision de la haute société américaine et son admiration pour les auteurs anglais tel Henry James, sans départir en talent et originalité.

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Sur le cap de l’été

L’école hollandaise et son attachement au petit format m’a fait gâcher beaucoup de papier. Il faut dire que notre professeur adore rire de la pauvreté. Je le crois fan de Coluche. Pour donner un exemple ses tulipes en photocopie en noir et blanc tenant sur un centimètre. J’aurais eu un fouet j’aurais cravaché le prof. Non je plaisante, je l’adore. Mais tout de même dans la répétition les nerfs ont lâchés plus d’une fois. Du coup sésame ouvre-toi, nous eumes le droit de venir avec une photo souvenir pour lui faire subir le même traitement. J’étais contente jusqu’à ce que le prof se jette sur ma feuille pour peindre ses nuages. Là normalement la salle rit. Mais comme on est à Versailles, de l’autre côté du décor, on n’a pas le droit. Ridicule.

Donc, je crois que ce mignon fait à deux va très bien dans nos têtes martyrisées. Vive les vacances. Vive les Beaux-Arts et vive mon c*l.

Petite peinture à l’acrylique sur papier d’Arles (2019).

Si ce n’est pas le bonheur ça y ressemble

La recette du bonheur commence souvent là où l’on sait d’emblée devoir en parler : à table. Mon ami me dit vouloir pour le sien, un plat, une peinture, un lit, dans cet ordre surtout c’est primordial. Il a beaucoup d’humour à revendre. Lors de mon anniversaire, je faisais le point sur ce que je ne voulais plus voir à ma table : l’acceptation. Je trouve cela si stupide que rien n’y fait, je suis heureuse parce que j’ai pris des risques, parce que ma vie n’est pas celle des autres, on m’aime pour mon originalité, non pour mon tempérament. Nos bonheurs ont un passé lui donnant un goût sucré salé. Cela vaut pour un nectar et ressemble fort à un chantage mais que faire quand il croit en moi et qu’en retour je crois que ça fait son bonheur.

Chou-fleur, riz et noix de Saint-Jacques à la sauce curry

À la recherche d’un monde perdu

 

Recherche d’après nature (juin 2013).

Le tout premier cours avec monsieur Mattelig. Test : niveau en dessin avant de s’intéresser aux couleurs et à son premier nuancier. L’échange sur la feuille est très stimulant. En quinze minutes j’y arrive. On s’amuse sur le temps qui nous reste à reproduire les poires et oranges en polystyrène sur la table. Dessiner à deux mains est une chose extraordinaire. Je n’aime pas travailler seule.

Løv Lavande

Au cimetière le jour de la fête des pères.

Mon père dit à ma mère le jour de mes 18 ans « je n’ai pas de fille » et ferme le rideau de la pièce qui forme son bureau et sa chambre.

Pieds de lavande en fleurs

J’ai toujours adoré les cimetières. Enfant, ainsi qu’avec mon frère, nous nous y promenions souvent. Je regardais les pierres, cherchais l’odeur de la fleur fanée avant de m’en écarter, lisais les inscriptions renseignant sur les âges innocents des défunts. Quelque part, ces enfants morts, me rassuraient sur ma propre existence.

À la sortie de l’adolescence, j’allais souvent au cimetière de Montparnasse, juste à côté de la maison d’édition Albin Michel. Aimant beaucoup Amélie Nothomb, je venais m’y réfugier comme à la recherche d’un contrat et d’un lieu pour travailler. Je ne pensais pas cimetière = lieu de vie. De fait, je préfère de très loin le cimetière de Montmartre, beaucoup plus romantique et en phase avec mes inspirations. Y est d’ailleurs enterré Émile Zola, écrivain et penseur que j’admire toujours. Je ne suis pas Père Lachaise, on s’y perd et les dédales entres les personnalités me font perdre pied.

Géranium, pélargonium
Nos noms.

Dimanche 16 juin, je suis allée rendre visite à mes grands-parents au cimetière de Chatou. Tout va bien, ils sont toujours là. En cherchant la tombe, j’ai lâché les chiens et les personnes croisées étaient tout comme moi fascinées par les pieds de lavande en fleurs. Je crois, non je suis certaine, que l’on grandit bien en allant voir de près la mort.

Les pieds d’une Beaucheron Lefèvre
Famille Beaucheron Lefèvre
Ceci est mon corps C4