D’avant d’alors

dans la maison de Paul Cézanne

Plus loin, plus bas, du centre de la terre, sous les couches terrestres formées par les événements climatiques.

C’est le moment de faire ses commandes de semences pour celles et ceux qui ont un jardin ou un balcon. Après le nouvel an qui s’accompagne souvent d’herbes non utilisées à jeter dans la nature, je fais le tour des graines récoltées et des graines données dans le périmètre de mes connaissances. Elles ont toutes tenues et cherchent la liberté. J’ai volé des fleurs dans ma vie et des graines comme une pie attirée par l’or. Du coup j’achète des arbustes qui ne vont pas à l’intérieur et que je garde un mois comme un sapin de Noël avant de les replanter dans la forêt. C’est équitable. Certaines sont obligées de revenir là d’où elles proviennent tant le type de sol diffère d’une agglomération à une autre. J’en ai marre de l’ailanthe qu’ils nous ont planté partout en remplacement du ginko (avant cela encore du prunier), c’est moche et question absorption d’air pollué je fais les yeux ronds. Le plan de l’armée secteur espaces verts pue. On a retiré l’amiante depuis longtemps quand même. Salut.

Portrait de mitaines écarlates, auteure du livre de cuisine C’est pas de la tarte.

Butô

Le butô est appelé « danse des ténèbres », littéralement « mouvements compulsifs dans l’obscurité », il est né en 1959 au Japon et prend sa source aux heures les plus noires d’Hiroshima et de Nagasaki. Les cendres et les morts venus de la bombe H ont laissé le pays dans le noir de nombreuses années. Avancer et mémoriser devient un enjeu essentiel pour le pays qui entre en résistance. Il sera au début mal accueilli par son pays d’origine et fera découvrir aux occidentaux déjà habitués à cette danse, soeur de chorégraphies nées pendant et après la seconde guerre mondiale (la mort, la sorcière, de Vakeska Gert pour n’en citer qu’une). Viendront en France des artistes comme Kazuo Ohno, Carlotta Ikeda, Ushio Amagatsu, très désireux de faire connaître ce courant. Avec les générations suivantes, le Butô étend son répertoire à la fois classique et contemporain. Il invite les danseurs amateurs et professionnels à passer la porte d’un studio de danse et essayer.

texte de Pascal Quignard, chorégraphie et danse de Carlotta Ikeda, Medea
Medea

Ushio Amagatsu 2013

« … , mais le fait de « penser » avec sa tête entrave les mouvements du corps et leur fait perdre ce qu’ils ont de naturel. C’est pourquoi il faut faire en sorte de rester le plus inconscient possible sur scène.»
chorégraphe Ushio Amagatsu de la compagnie Sankai Juku
https://www.bing.com/videos/search?view=detail&mid=554BB95BBDD1B2D66D8F554BB95BBDD1B2D66D8F&q=ushio+amagatsu&shtp=Facebook&shid=1e2f17af-a568-47b7-949e-2e4dda71f48b&shtk=U2Fua2FpIEp1a3UgLSBVdHN1c2hpIGNvcmVvICYgaWRlYSBVc2hpbyBBbWFnYXRzdSBtdXNpYyBZYXMtS2F6ICYgWW9zaGlrYXdhIDIyNTM0MA%3D%3D&shdk=U2Fua2FpIEp1a3UgLSBVdHN1c2hpIGNvcmVvICYgaWRlYSBVc2hpbyBBbWFnYXRzdSBtdXNpYyBZYXMtS2F6ICYgWW9zaGlrYXdhIDIyNTM0MA%3D%3D&shhk=QofFsNzIqG3RuV8NWc190TVYkVYrMBaO4QhVyMneKIA%3D&form=VDSHFB&shth=OSH.3RSVCqxghZwxSaCewfhehQ&fbclid=IwAR1bzvRZXaZImvYrQSw8TGUP7smylFFLGa7kH6mglBfzegjQFP5BxdnsL2c

« Sur ces montagnes où ne pousse aucune herbe, cherchant mes pensées au milieu des souffrances, je me prends à devenir un fantôme. » Kazuo Ohno, notes manuscrites de La Mer Morte / The Dead Sea

Kazuo Ohno et son fils – La Mer Morte / The Dead Sea

Description de la butô-thérapie.

Libérer ses démons. « … concerne l’accompagnement de personnes touchées par des douleurs physiques chroniques, par des douleurs émotionnelles, la fibromyalgie, l’anorexie, et tant d’autres pathologies. »
La « Butô-thérapie »

Premier anniversaire

Une photo prise par mon père le jour de mes un an avec ma marraine. J’ai de bons souvenirs sur ces premières années souvent éclairées à la bougie. Il y avait de la magie en forêt et à la maison.

premier anniversaire
entrer dans le rêve

14 h – promener le chien

à la sablionnière de Vernouillet

Le ciel est lavé, après la pluie, malgré la boue, le sol reste assez solide pour marcher sans crotter la semelle des tennis. Le calme est si grand que le bruit dans ma tête sort loin de moi. L’instant présent vit.

Shodō

 Livre du moment fini et longtemps désiré. 🌿🍂🍄

J’ai fait un stage de Shodō il y a trois ans et dont les promesses, à ce jour, ont chacune été tenue. Au-delà de la familiarité du maître qui apprend à écrire aux petits écoliers et du maître qui satisfait un choix de vie, quelques années se passent avant d’en apprécier les tournures. L’exemple est à suivre au fil des saisons. Il rappelle sensiblement le Huyghe en plus voluptueux. J’ai eu envie d’un nuage de lait après sa fermeture. Est-ce normal ? 🙂


« « Wabi » signifie « pauvreté », ce qui ne présente aucune connotation négative, mais fait allusion au plaisir simple que l’on peut ressentir en écoutant une douce pluie de printemps résonner sur le toit d’une simple cabane. Le wabi est étranger à toute complexité intellectuelle et à toute forme de vanité et d’artifice ; il correspond à la découverte des vérités simples de la nature. Tout comme cette dernière est asymétrique, irrégulière et imparfaite, le wabi représente l’imperfection naturelle. L’équilibre asymétrique est d’ailleurs essentiel au shodo. » […]


« […] La véritable recherche de l’attention pure, sans se préoccuper du passé, mais uniquement de ce qu’est l’unité absolue et éternelle de toutes les créations, voilà qui présente une portée incroyable. »

Shodō – calligraphie japonaise
L’harmonie du geste et de l’esprit par la calligraphie

Robe de mariée

Robe de mariée – Paris

⭐ J’aime les vitrines. À l’approche de Noël, elles sont des prouesses d’imagination. L’intérieur des magasins et leur scénographie me fascine depuis un tour à Lille dans la boutique NafNaf. Cosy et girly avec des chaises suspendues comme une salle de classe se transformant le soir en salle de bal. Je reste souvent à regarder pour n’acheter au final qu’un pull ou une jupe, rarement l’ensemble. Ce qui me fait revenir souvent et me fait acheter des accessoires inutiles juste pour justifier ma présence. C’est bête hein les filles ? En dehors des lumières et des podiums qui font notre goût saisonnier à celui d’une étalagiste, je regarde les mannequins. Mon père en a pleins qui lui servent de porte manteau. Il a fait semblant de m’en acheter un et se l’est gardé. Salop. J’en veux un noir comme pour accrocher les bijoux. D’ailleurs, je rêve depuis longtemps d’accrocher des bijoux sur le mur comme des paillettes. Les hommes trouvent bien un moyen d’accrocher leurs cravates et d’exposer leurs baskets, pourquoi pas moi. 🌸
La robe et la parure, la vendeuse, dans un passage parisien, était très fière que je la prenne en photo.

13 novembre 2015

La montée des corps, acrylique et aquarelle sur papier en bambou

Cette peinture date du jour de l’attentat du Bataclan, le 13 novembre 2015. Je me souviens ne pas avoir eu d’idée précise avant de m’y mettre et avoir été malade toute la journée en la concevant. Les corps n’arrivaient pas dans cette terre à se former. Ils n’avaient pas l’air de savoir s’ils voulaient vivre et restaient à se former et se déformer. Je sais avoir quittée en fin d’après-midi ma peinture avec une grande appréhension et avoir foncée au premier hypermarché le plus près de chez moi. Une femme que je connaissais devait s’occuper du rayon poissonnerie tout en faisant attention à ne pas trop discuter. Elle n’arrêtait pas de me demander « ça va ? ». Impossible de l’arrêter. Nous n’aimions pas comment nous étions placées pour parler. Instinctivement, on s’est mises du même côté à regarder dans la même direction. Rien ne nous renseignait sur ce qui allait se passer. Elle, me parlait de ses heures dans cet hyper qui lui explosaient les yeux. Moi, je lui parlais de ces heures qui n’arrivent jamais à terme et m’explosaient le ventre. On s’est séparées à la fermeture ne voulant pas décrocher un seul sourire à quelqu’un d’autre que nous. Dans la soirée, l’information arriva, j’appelais plusieurs amis qui étaient susceptibles d’y avoir passé la soirée et l’histoire continua avec nous.

Je suis entrée dans une méditation que je ne quitte pas depuis ce jour.

Théâtre du Châtelet

Un de mes premiers théâtres. J’y allais jeune femme pour la leçon du dimanche matin où j’ai découvert la plupart des artistes qui font la scène musicale classique et jazz. Paraît-il que mon arrière-grand-mère y emmenait mon père voir des opérettes. J’y ai vu Alexandre Tharaud, Quartet ébène, Anne Gastinel, Jean-Guihen Queyras, Dominique A, et quelques autres. En échangeant avec un monsieur au Théâtre de l’Odéon, j’ai eu très envie de retourner sur mes pas direction place du Châtelet. C’est mon quartier. De dix-huit à vingt-trois ans j’étais presque tous les jours à la BPI, je n’achetais que des livres et déjeunais d’une demi baguette viennoise et d’une banane. Certains jours, ma mère m’achetait des salades catalanes en boîte que depuis je déteste et j’utilisais l’argent du transport pour les revues, l’encre et le papier. Je n’avais pas d’ordinateur et les postes d’autoformation de la BPI m’étaient géniaux. Je voulais apprendre le russe et le japonais et feuilletais toutes les références de mes auteurs de chevet. C’est en écoutant la chanteuse RoBERT que j’ai commencé à sortir de ma coquille. Avec, ou pour elle, je suis allée dans pleins de petites salles parisiennes. Comme ça ne me suffisait pas et que la scène française était en pleine explosion j’ai continué à suivre le flux et me laisser porter vers d’autres lieux. Je rêve depuis des années de la salle Gaveau, du théâtre des Champs-Élysées et de l’Odéon. J’aime Pleyel, la Philharmonie, Chaillot, le Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet. Je suis venue en fin de matinée, le ciel bleu clair créait un sentiment de sécurité immense. Quelque chose de l’invisible en se densifiant nous sortait de l’ignorance. Les portes sont fermées pourtant il y a de la vie derrière. Tout brille. Tout est chauffé. Le lieu n’est pas abandonné. À tout moment les portes peuvent se rouvrir.

Ateliers en exil

 🍁 Hiver 2013 : fruit d’un partenariat entre la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines et la ville de Poissy, quatre ateliers d’écriture poétique se déroulent à la Médiathèque Christine-de-Pizan, sous la houlette du poète Bernard Moreau, invité en octobre pour une rencontre autour de son oeuvre poétique.
Imposée par les bibliothèques : la thématique de l’exil, sur laquelle se décline toutes les manifestations de l’année.

recueil de poésie édité en 2013 aux Éditions Mazette avec la contribution de la Maison de la Poésie des Yvelines et le Conseil général

Ouverture au culot

Suppose que je disparaisse en mer

Que séance tenante le désert me perde

Que j’en sois heureuse

Et que je gagne l’horizon

Quand par derrière mon sourire revient

Sans toi pour le voir

Outremer

Yeux clos, tu me vois enfin.

À l’infinitif

Pendant les travaux cet été dans le couloir et l’escalier de la maison, j’ai pris quelques photos. J’aime pas le bâti, ça sent le plâtre et la pierre humide. J’aime le velours et les lieux calfeutrés. J’aime pas quand on met la déco du jardin dans la maison, ça sent le plastique et rappelle les salles d’attente. Je ne sais pas quoi mettre à cet endroit. J’ai le souhait d’un tapis d’une certaine couleur, d’une table rouge sombre, de petites plantes qui invitent à la réflexion dans du verre et dans de la terre. Je ne vais pas les dessiner, je vais prendre d’autres photos et en reparler.

L’arbre des lumières

Acryliques sur toile au format 30 X 40 cm.

• Lumières du matin

• Lumières du jour

• Lumières du soir

Inspirée par un arbre sur la pelouse située entre l’Université de Jussieu et le Jardin des Plantes. Quelque part dans ma tête les lions d’Eugène Delacroix et du Douanier Rousseau, Claude Monet invisible cherche à apparaître tel le soleil sur la cathédrale de Chartres. Les lumières ont trouvé dans mes couleurs un automatisme qui agit comme un sésame. Une porte à cet endroit s’est ouverte. Je pense souvent aux étudiants dans les parages qui grandissent trop vite et que l’on maintient un peu dans l’enfance de X façons. Ces peintures bien que de formes figuratives se veulent abstraites dans le montage et les couleurs. Le duo s’est prolongé sur trois toiles avec l’excitation de la ville en arrière fond. Je cherche à atteindre un axe par la ligne et la courbe.

Dans l’atelier

Løv marmelade

Entre deux forces de la nature, les fruits et les visages que je cherche à acclimater me demandent un effort peu commun. Combiner les ruines aux animaux. Je le vois comme une suggestion bienvenue qu’il est temps d’approcher. Pourquoi l’homme continuerait avec sa couronne de fleurs de se croire supérieur sans preuves pour l’attester. Il y a des marqueurs de temps si présents dans l’atelier qu’ils doivent s’inscrire dans l’esprit du lieu. Ces outils s’insèrent avec contrôle et mesure. 🎨

L’atelier est sans dessus dessous mais je tiens bon. 

Le plan de travail et les couleurs choisies pour Les mirabelles
Les mirabelles sur le plan de travail
Les mirabelles sous la haute protection des Demoiselles d’Avignon